Eric Scotto (Akuo) : « La sortie des USA de l’accord de Paris ? Une opportunité pour les entreprises européennes »

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Eric Scotto (Crédit : Akuo Energy)

La décision de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris sur le climat a suscité une vague de protestations mondiale et replacé la question climatique au coeur de la diplomatie internationale. Qu’en est-il pour le business ? Akuo Energy fait partie des quelques développeurs français présents sur le marché américain. Pour son PDG, Eric Scotto, les énergies renouvelables vont continuer à se développer outre-Atlantique et ailleurs car elles s’inscrivent dans un mouvement de long terme. Et pour lui, la décision du président américain crée aussi une opportunité extraordinaire pour les entreprises européennes.

GreenUnivers : Quel sera l’impact de la décision du président américain sur le développement des énergies renouvelables ? 

Eric Scotto : Cette décision est politique mais ne correspond pas à l’évolution de la situation économique et des systèmes énergétiques décrite par l’Agence internationale de l’énergie. Les énergies renouvelables aux Etats-Unis et dans le monde, c’est un marché porteur et aussi une croissance d’emplois constante et phénoménale, dont on voit actuellement les prémisses et qui s’inscrivent sur le long terme. Elles permettent de créer des emplois non délocalisables, de repeupler et revitaliser les territoires. En outre, la décision de Donald Trump intervient au moment où on a prouvé, à l’échelle de la planète, la compétitivité des renouvelables et de leurs activités associées comme le stockage par rapport aux énergies fossiles.

Pas dans l’intérêt des entreprises américaines

GU : La grande majorité des groupes américains ont regretté la décision de Donald Trump. Est-ce que vous pensez qu’ils vont continuer à investir massivement en faveur de la transition énergétique ? 

ES : Les entreprises américaines sont à la fois inscrites dans la mondialisation, avec des clients dans le monde entier, et conscientes de leurs responsabilités dans la lutte contre le réchauffement climatiques. Elles ont évidemment bien perçu les opportunités créées par la transition énergétique et la quasi obligation de s’engager dans cette voie. Nous sommes en train de changer de paradigme : les énergies renouvelables ont été les premières, mais tout le monde a aujourd’hui conscience de la nécessité de retrouver des équilibres au niveau territorial, de travailler sur l’efficacité énergétique, l’agriculture, la biodiversité… Sortir de l’accord de Paris n’est pas dans l’intérêt des entreprises américaines ni des autres parties prenantes, donc je pense qu’elles resteront très actives dans la transition énergétique. De grands groupes comme General Electric l’ont déjà annoncé, des Etats et des villes veulent aussi poursuivre les engagements de l’accord de Paris, et même aller au-delà. Si les Etats sont défaillants, ce seront aux entreprises et aux citoyens qui sont redevables vis à vis de la planète de prendre le relais. N’oublions pas non plus le rôle des grandes institutions financières qui ont pris des décisions pour ne plus soutenir financièrement le charbon. Ce mouvement ...