Une boutique M&A pour l’impact investing

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Un SolarKiosk au Ghana (Crédit : Solarkiosk)

Une nouvelle adresse pour les investisseurs ou les entrepreneurs qui veulent apprivoiser l’impact investing : celle de Clermount, une jeune firme de M&A (mergers & acquisitions) et levées de fonds basée à Paris et à Londres.

Créée en janvier 2016 par deux financiers, elle est déjà intervenue sur plusieurs deals, avec des levées réussies ou bien parties. Mais aussi un travail préalable sur les modèles d’affaires, précieux sur le secteur de l’investissement alternatif où beaucoup reste à défricher. Ce à quoi s’emploient des sociétés de gestion pionnières comme Alter Equity, Citizen Capital, le réseau Ashoka, la plateforme 1001Pact, l’assureur Aviva Impact Investing France ou le fonds Rassembleurs d’énergies d’Engie, entre autres.

Gros capitaux pour Mobisol

Les deux fondateurs de Clermount, Julien Deconinck et Denis Viennot, sont respectivement issus de ...

la Société Générale, au corporate investment banking et de la Berd, côté financement de programmes EnR en Afrique. Leur premier mandat leur a été confié l’année dernière par l’allemand Mobisol. Ce spécialiste des systèmes solaires (80 à 200 watts) pour le off grid africain a réussi une levée de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec notamment le concours du sud-africain Investec Asset management.

Clermount a poursuivi sur cette lancée et sur la même ligne off grid avec GreenLightPlanet, un homologue américain de Mobisol sur de petits systèmes photovoltaïques de quelques watts ; la levée de fonds est en cours. Le bordelais Sunna Design et le berlinois Solarkiosk (photo), autres pionniers de l’électrification hors infrastructure, sont aussi conseillés.

Un business plan en bonne et due forme

« Nous travaillons en deux phases. D’abord, rendre attractive l’activité de notre client. Ce qui signifie définir un business plan robuste et un horizon précis de rentabilité. Pas question d’aller sur le marché si un modèle d’affaires n’a pas émergé », affirme Julien Deconinck. Deuxième étape : la levée de fonds elle-même. Clermount recherche des investisseurs à double casquette, capables d’apporter des fonds et un savoir-faire. « Nous souhaitons des investisseurs à valeur ajoutée, qui procurent de la stabilité actionnariale mais aussi de l’expertise ». Un exemple ? Pour un business hors réseau, un investisseur spécialiste du financement de dette sera une pépite, car le financement des petites mais multiples créances de clients pauvres est l’un des défis du secteur.

Le protein investing en ligne de mire

Clermount se tourne aujourd’hui vers un deuxième segment de l’impact investing, en l’occurrence le protein crunch, c’est-à-dire le besoin massif de protéines sur le long terme alors que les nouvelles terres cultivables devraient se faire de plus en plus rares. Clermount a ici gagné un gros mandat dans le secteur de l’agritech et compte bien en décrocher d’autres, sur le créneau de la nourriture pour animaux et notamment celle des poissons d’élevage à base de farines d’insectes.

Selon le dernier rapport du Global Impact Investing Network (GIIN), 205 entreprises ont investi 22,1 Mds$ en 2016 dans l’impact investing, via 8 000 deals. Cette année, le volume pourrait progresser de 17% et le nombre de transactions, de 20%. L’enquête menée par le GIIN estime à 114 Mds$ le stock d’actifs à impact fin 2016.