Allemagne : de l’éolien en mer sans subventions

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Parc éolien de Butendiek
(Crédit : Anne-Claire Poirier)

Mis à jour le 14 avril 2017 après précisions de France Energie Eolienne

La courbe d’apprentissage s’accélère encore dans l’éolien en mer avec un nouveau record de prix négocié lors du premier appel d’offres éolien en mer allemand, prenant de court jusqu’à l’administration elle-même. Quatre projets, représentant 1 490 MW à horizon 2024-2025, ont en effet été validés pour un prix moyen record de 4,4€/MWh (complément de rémunération, sur 20 ans). Plusieurs explications à ce prix extrêmement bas. La première tient dans le fait que trois projets sur les quatre alloués (ci-dessous) n’ont, en fait, réclamé ...

aucune subvention et ont fondé leur business case sur l’unique vente au marché. Un seul projet (Gode Wind 3) obtenu un prix cible de 60€/MWh.

Lauréat Zone
(DONG Energy) Borkum Riffgrund West II – 240 MW Nordsee Cluster 1
(EnBW) He Dreiht GmbH – 900 MW Nordsee Cluster 7
(Dong Energy) Gode Wind 03 – 110 MW Nordsee Cluster 3
(Dong Energy) Northern Energy OWP West-240 MW  Nordsee Cluster 1

Prix hors raccordement

La deuxième explication est que le raccordement au réseau n’est pas compris dans l’appel d’offres puisqu’un réseau de câbles reliant les principales « zones éoliennes en mer » doit parallèlement être mis en oeuvre par le gestionnaire de réseau néerlandais TenneT.

Repère : L’Allemagne valide son schéma de raccordement pour l’éolien offshore à 10 ans – Décembre 2016

Concurrence acharnée

Une dernière raison tient à la concurrence particulièrement rude qui a marqué cette compétition. Première du genre, elle est censée assurer une phase transitoire entre deux mécanismes d’allocation des parcs offshore en Allemagne. A partir de 2019, l’État prévoit en effet de mettre en place un système d’appel d’offres de type top-down en désignant lui-même les zones qui seront soumises à compétition. Or jusqu’ici, c’était la logique inverse qui prévalait, c’est-à-dire que les développeurs identifiaient une zone et y développaient un projet avant de le soumettre à la validation de l’Office fédéral allemand pour la navigation et l’hydrographie (Bundesamt für Seeschifffahrt und Hydrographie).

Pour permettre aux projets déjà bien avancés de pouvoir aboutir, le gouvernement a prévu deux appels d’offres intermédiaires en mars 2017 et mars 2018 permettant aux développeurs de présenter leurs projets sur les zones de leur choix (sur le modèle des AO solaires en France). Or 6 à 7 GW de projets seraient dans ce cas alors que les deux appels d’offres ne portent que sur 3 100 MW. Le prochain appel d’offres portera sur 1 610 MW (il intègre les 60 MW non alloués au tour précédent).

“La possibilité que de tels prix soient reconduits lors du prochain appel d’offres reste cependant ouverte“, a tempéré Jochen Homann, président de l’agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) dans un communiqué.