Pollution : les villes vont noter les véhicules

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Vue de Paris (source : Wikipédia)

« Cela fait trop longtemps que certains constructeurs automobiles profitent d’une réglementation floue, a dénoncé la maire de Paris Anne Hidalgo, et que les consommateurs sont dans l’impossibilité de connaître l’impact sanitaire réel causé par leur véhicule ». L’édile lance avec les maires de Londres et Séoul, Sadiq Khan et Park Won-soon une initiative censée lever le voile sur la pollution liée au trafic routier. Soutenue par la Fédération internationale automobile, Bloomberg Philantropies et le fonds Anita Bekenstein, elle a été annoncée après une réunion à huis clos avec des constructeurs automobiles. Madrid, Mexico, Milan, ...

Oslo et Tokyo ont été les premières à rejoindre le projet, d’autres métropoles sont attendues.

Une note publique

Selon le dispositif présenté, chaque modèle de véhicule se verra attribuer une note. « Elle sera calculée en fonction de l’ensemble des polluants qu’il émet en situation réelle, c’est-à-dire lorsqu’il circule », précise un communiqué de la Ville de Paris. En effet, des facteurs tels que le style de conduite ou les conditions météorologiques influent sur le degré de pollution. Les citoyens pourront consulter ces notes sur Internet dès la fin de l’année 2017. Les émissions seront mesurées par des télécapteurs et par des équipements de suivi, par le C40 en partenariat avec l’ONG International Council on Clean Transportation et le consultant en ingénierie Emissions Analytics.

Des procédures européennes « dépassées »

Ce projet doit pallier l’absence de données satisfaisantes. Les émissions réelles peuvent en effet s’avérer « jusqu’à 15 fois plus importantes » que celles mesurées en laboratoire, rappelle la Mairie dans son communiqué. En cause : les tricheries ou habiletés des constructeurs lors des tests. Ces derniers peuvent par exemple utiliser des pneus à faible résistance ou manipuler la masse du véhicule. Sur ce point, le Parlement européen doit justement débattre, le 3 avril, des suites à donner au scandale de la pollution au diesel, dit « dieselgate ». Mais le problème vient aussi du système de notation européen, qui n’évalue que certains polluants. « D’abord, les procédures de mesure sont dépassées, rappelle le Parlement européen sur son site. Introduites en 1970, elles ont été mises à jour pour la dernière fois en 1990. Ensuite, les tests sont trop flexibles. »