Eolien flottant : l’Ifremer et Nass & Wind lancent une plateforme de tests

Print Friendly, PDF & Email
(Source : Nass & Wind)

En France, la filière éolienne flottante prend racine. Un nouveau dispositif voit le jour : la plateforme « Rotor », où seront testés, optimisés et qualifiés tous types de systèmes éoliens non posés équipés de turbines à axe horizontal. Il ne s’agit pas d’un site d’essais grandeur nature, à l’inverse du Sem-Rev inauguré en 2015 au Croisic (Loire-Atlantique), mais d’une maquette 1/50e. Les tests se dérouleront à Brest (Finistère), dans un bassin de l’Ifremer. Ce dernier est co-créateur du projet, aux côtés du développeur-exploitant EnR Nass & Wind (lire encadré). Le financement est assuré par la région Bretagne et les fonds propres de l’Ifremer et Nass & Wind mais le montant ...

total est confidentiel.

Le lancement de ce dispositif intervient quelques mois après la désignation des lauréats de l’appel d’offres éolien flottant de l’Ademe, en juillet puis en novembre 2016.

Nass & Wind et l’éolien offshore. Cette société fondée en 2001 à Lorient (Morbihan) par Nathalie Le Meur et Peter Nass a réorienté sa stratégie : dans l’éolien en mer, ses activités se limitent désormais à la prestation de services. Auparavant, elle avait pour ambition d’être développeur-exploitant dans ce secteur. Par exemple, elle a porté en 2009 le projet de parc offshore posé de Saint-Nazaire et monté en 2008 le consortium Winacelles avec Vergnet et DCNS pour développer un concept d’éolien flottant. Par ailleurs, l’entreprise développe et exploite des projets dans le bois-énergie, le photovoltaïque et l’éolien terrestre.

La plateforme éprouvera des éoliennes de 6 à 10 MW au stade du développement. En octobre et novembre 2017, Nass & Wind et l’Ifremer commenceront à tester les stratégies de contrôle-commande. Cela concerne par exemple la vitesse du rotor, l’angle d’orientation des pales et les mouvements du flotteur. Puis, dès la fin de l’année, les professionnels pourront venir tester leurs machines. Il s’agira de vérifier si les équipements répondent bien aux commandes et si ces dernières sont adéquates par rapport aux circonstances.

Complémentaire au Sem-Rev

La plateforme est complémentaire au Sem-Rev : elle peut constituer l’une des étapes préalables avant la plongée dans les eaux de ce démonstrateur. Elle s’adresse aux porteurs de projets et aux maîtres d’ouvrage. « Si le porteur de projet veut tester son flotteur, nous proposons une turbine générique », indique Julien Gatesoupe, responsable des opération chez Nass & Wind. Inversement, un porteur de projet désireux de tester sa turbine disposera d’un flotteur. « Un maître d’ouvrage qui a choisi un flotteur et une turbine, poursuit le manager, pourra s’assurer que les deux fonctionnent effectivement ensemble ». Par ailleurs, des capteurs mesureront les mouvements de la maquette tout en participant à l’évaluation du contrôle-commande.

Particularité : « ce sera bien le vent qui fera tourner le rotor », précise Julien Gatesoupe. Dans d’autres types de maquettes, un moteur est utilisé pour recréer le mouvement des pales. Outre le vent généré par la soufflerie, de la houle sera créée sur le plan d’eau. Mais étant donnée l’échelle, l’électricité produite ne sera pas injectée sur le réseau.

France : un potentiel de 140 GW de flottant

Pour rappel, la programmation pluriannuelle de l’énergie cible, pour les énergies marines (dont le flottant), 100 MW installés en 2023. L’Hexagone est en pointe dans l’éolien flottant, c’est pourquoi France Energie Eolienne promeut, dans ce secteur, un objectif de 6 GW construits en 2030. Selon l’association, le « potentiel technique théorique » de l’éolien flottant français s’élève à 140 GW, répartis sur 25 000 km2, contre 80 GW sur 10 000 km2 pour le offshore posé.