EDP se déleste dans le gaz pour racheter sa filiale EnR

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(Crédit : EDP)

L’énergéticien portugais EDP a annoncé en début de semaine une offre sur le solde (22,47%) du capital de sa filiale d’énergies renouvelables EDP Renovaveis (EDPR), quatrième producteur mondial d’électricité éolienne. Une annonce dans la droite ligne des intentions évoquées dès 2011 par son premier actionnaire, le chinois China Three Gorges, avec 21,25% du capital.

Repère : Un géant chinois s’invite dans EDP et vise surtout EDPR – Décembre 2011

L’énergéticien propose d’offrir 6,80€ par action d’EDPR, soit une prime de 10,5% par rapport au cours des six derniers mois mais l’annonce a fait grimper le cours d’EDPR bien au-delà de ce niveau. Il clôturait à 6,90€ mercredi 29 mars.

Cession dans le gaz

EDP a annoncé qu’il financerait ce rachat – estimé à 1,33 Md€ sur la base de 6,80€ par action – grâce à la cession, pour environ 2,59 Mds€, de sa filiale espagnole de distribution de gaz Naturgas, à un consortium d’investisseurs institutionnels regroupés sous le nom de Nature Investments. En plus de lui dégager des moyens d’actions pour le futur, la vente de Naturgas aura pour effet de réduire la dette nette d’EDP de 2,3 milliards d’euros cette année. Celle-ci atteignait, fin décembre 2016, 15,9 milliards d’euros, en baisse de 8% par rapport à 2015.

Selon EDP, l’OPA sur EDPR vise à « renforcer la place d’EDP comme leader dans le segment de la production d’énergies renouvelables et à poursuivre la croissance de cette activité ». Le courtier Haitong pense plutôt que « EDP essaie de tirer parti à la fois des moyens d’action offerts par la cession de Naturgas et du cours de Bourse déprimé d’EDPR, conséquence des inquiétudes sur le marché américain après l’élection présidentielle ».

EDP a publié début mars un bénéfice net en hausse de 5% à 961 millions d’euros en 2016, supérieur aux attentes des analystes. Sa filiale EDP Renovaveis avait pour sa part enregistré un bénéfice net en hausse de 9% à 125 millions d’euros l’an dernier.

En France, la branche locale d’EDPR (détenue à 49% par EFG Hermes) est un partenaire régulier d’Engie, notamment dans l’éolien en mer posé et flottant : ils ont remporté ensemble les parcs du Tréport et des deux-Îles lors du deuxième appel d’offres d’Etat et sont positionnés côte à côte pour le troisième round à Dunkerque. Enfin, ils travaillent ensemble dans l’éolien flottant au Portugal et en France.