Antsway récolte 500 K€ pour optimiser les tournées de véhicules

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L’équipe d’Antsway et son dirigeant, Marc Grojean (devant à gauche, 2e en partant de la gauche)

Qu’il s’agisse d’aller relever des compteurs, déposer du courrier ou livrer des marchandises, les véhicules professionnels ont beaucoup à apprendre des… insectes. Antsway (« le chemin des fourmis », en anglais), spin-off de l’Inria Grand Est, l’a bien compris. Fondée en juin 2015 à Nancy, la start-up vend des logiciels qui élaborent en temps réel l’itinéraire idéal pour ce type de tournées.

L’innovation – économique et écologique – a séduit les fonds d’investissement IT-Translation (également spin-off de l’Inria) et Fira Nord-Est, géré par Finovam. Ils ont apporté au total 500 K€. « Ils sont actionnaires à ...

parts égales », indique simplement Marc Grojean, président-cofondateur de la jeune pousse (également cofondateur avec Mathieu Jacquot de Covivo). Le management d’Antsway conserve « une large majorité du capital ».

La solution permet de réduire de 20% les kilomètres parcourus et de 35% le coût des tournées, selon l’entreprise. Pour arriver à ce résultat, elle propose trois modules. Le premier optimise les prises de rendez-vous et les trajets. Le deuxième construit les tournées. « Nous priorisons les véhicules électriques pour les faire rouler au maximum, en tenant compte de leur temps d’autonomie et de charge », précise le dirigeant. Les modes de transport carbonés, à l’inverse, sont sollicités en dernier. Le troisième module rend plus sûre l’utilisation de véhicules électriques. « Les conducteurs redoutent la panne sèche. Nous générons donc une tournée en fonction des divers facteurs qui influent sur l’énergie effectivement disponible », poursuit Marc Grojean. Qu’il faille gravir une ribambelle de côtes ou faire du surplace dans les embouteillages, l’application ne laisse rien au hasard. Pour bénéficier des trois modules, le client paie un abonnement annuel qui revient à 1,33€ par véhicule et par jour.

Enedis comme client

Source : Antsway

Dans son portefeuille de clients, la start-up compte déjà plusieurs français (Enedis, ONET..) et la poste luxembourgeoise. Elle prospecte les grands groupes comme les PME, à condition qu’ils aient au moins 20 véhicules. « Outre l’Hexagone, nous ciblons l’arc Suisse/Pays-Bas : c’est là que les gestionnaires de flottes d’entreprises sont le plus intéressés par les véhicules électriques ». D’ici la fin 2017, Antsway espère optimiser les allées et venues de 600 véhicules, contre 60 actuellement (dont 5 électriques).

Un marché à « 1 Md€ »

Au niveau européen, la start-up évalue le marché de l’optimisation de tournées à 1 Md€ de chiffre d’affaires annuel. Parmi ses concurrents, des sociétés telles que Mapotempo, née en Aquitaine en 2012 . Mais aussi des PME, à l’instar d’Optilogistic, fondée en 1992 et fusionnée en 2016 avec la brésilienne Maplink, spécialiste de la géolocalisation. « Notre plus-value réside notamment dans la prise en compte du caractère carboné ou décarboné des véhicules », indique le président d’Antsway.

L’entreprise de 8 personnes a réalisé un chiffre d’affaires de 75 000€ en 2016 et vise 1,2 M€ en 2018.