Transition énergétique : les chantiers du gouvernement avant la présidentielle

Print Friendly, PDF & Email
(Crédit : Anne-Claire Poirier)

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) organise ce mardi son 18è colloque à la Maison de la mutualité à Paris avec dans l’air, comme une ambiance de fin de règne. Dès l’ouverture, l’échéance de la présidentielle a en effet marqué les discours. Le président du SER, Jean-Louis Bal, a dressé le bilan du mandat qui s’achève tandis que Laurent Michel, Directeur général de l’énergie et du climat, a fait le point sur les chantiers à boucler en priorité avant l’élection.

Bilan positif

Alors que le monde des renouvelables est un peu fébrile sur les conséquences éventuelles de l’élection présidentielle, le président du Syndicat des énergies renouvelables a préféré dresser le bilan des cinq années passées plutôt que de se risquer à des prospectives dans un contexte incertain.

Repère : Election présidentielle : « Nous ne sommes pas inquiets mais… » [Jean-Louis Bal, SER] – Janvier 2017

Et sur le bilan du quinquennat, Jean-Louis Bal est clairement positif. « Il y a eu d’incontestables simplifications, sans jamais réduire le niveau de protection de l’environnement et des populations riveraines », a t-il martelé, soulignant également un « renforcement notable de la visibilité ». En vrac, Jean-Louis Bal a salué la mise en place de l’autorisation environnementale unique, qui prendra, à partir du 1er mars prochain, le relais des expérimentations menées depuis 2014, les aménagements tarifaires concernant les installations de méthanisation existantes et nouvelles, la mise en place du dialogue concurrentiel notamment dans l’éolien en mer, sans oublier la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie – pourtant ternie par l’absence de décision sur le nucléaire – et la publications d’appels d’offres tri-annuels dans le solaire et bientôt l’éolien terrestre.

Des chantiers en attente

« Aujourd’hui, nous attendons la saisine de la CRE concernant les appels d’offres pluriannuels dans l’éolien terrestres et les appels d’offres pré-commerciaux pour les énergies marines renouvelables, a rappelé Jean-Louis Bal. Nous appelons également à un doublement du Fonds chaleur – souvent annoncé, jamais confirmé – et à l’amélioration des conditions tarifaires pour le biométhane avec notamment le passage d’un contrat d’achat sur 20 ans plutôt que 15 ».

L’Europe inquiète

Alors que « la gouvernance de la transition énergétique tend à la fois vers plus d’Europe et plus de décentralisation », le président du SER a, une fois de plus, émis plusieurs réserves concernant les positions européennes sur les renouvelables. « Nous avons des inquiétudes sur la révision de la directive européenne de 2009 sur les énergies renouvelable. En particulier, nous pensons que les appels d’offres à neutralité technologique ne doivent pas être imposés aux États membres. De ce point de vue, le projet de directive ne nous rassure pas », a t-il insisté. Jean-Louis Bal a également pointé, comme « sujet de préoccupation », la nécessaire réforme du marché du carbone (ETS) pour rehausser le prix du CO2.

Intervenant en lieu et place de Ségolène Royal et François Hollande – tous deux excusés pour l’ouverture du colloque – Laurent Michel a souhaité faire le point sur les trois mois à venir. Et force est de constater que les chantiers sont encore nombreux.

Dans l’éolien terrestre : le gouvernement négocie actuellement avec la Commission européenne ...