BioSCO lève 400 000 euros pour améliorer la logistique agricole

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(Crédit : Escoort)

La toute jeune start-up agritech BioSCO vient de lever 400 000 euros auprès du fonds Fira Nord-Est que gère la société de gestion régionale Finovam Gestion (régions Hauts-de -France et Grand-Est). Créée en décembre dernier, BioSCO compte proposer d’ici la fin de l’année aux coopératives agricoles un outil logiciel d’optimisation de leur logistique, ce qui comprend la manutention des récoltes, leur transport et leur stockage.

« La logistique représente entre 50 et 70% des coûts de la biomasse, tous types de récoltes confondues. Selon nos calculs, l’amélioration de cette logistique peut faire économiser 10%. L’impact environnemental est également ...

en diminution », annonce Thibaut de Saint Denis, cofondateur de BioSCO avec Birome Holo Ba, directeur scientifique. Les travaux de thèse de ce dernier à l’Université technologique de Troyes ont débouché sur la création de l’entreprise.

Economies de transport

Fondé sur la modélisation mathématique et le calcul informatique, l’outil breveté de BioSCO prend en compte les variables de la logistique d’une coopérative – les champs, les composantes des plantes comme la graine et la paille, les saisons, les silos avec les volumes disponibles, les points de livraisons des clients avec les quantités demandées, les disponibilités des chauffeurs de camions… – et améliore la chaîne qui relie tout cela en permanence. Au delà des gains financiers pour les coopératives, l’outil favorise, selon BioSCO,  es économies d’énergies, en réduisant les norias de camions et en évitant certains retours à vide. Il est pour l’instant destiné à l’agriculture intensive et contribuera peut-être à en limiter un peu les impacts écologiques. Mais il pourrait avoir d’autres applications, par exemple la gestion du biométhane porté, si les volumes progressent fortement.

Basé à Venette près de Compiègne (Oise), BioSCO va utiliser les fonds levés pour convertir son actuel prototype en produit commercial. Son procédé est pour l’heure en bêta test auprès de coopératives et d’industriels. Le futur prix n’est pas indiqué mais Thibaut de Saint Denis précise qu’il correspondra à quelques pourcents de la valeur créée par l’optimisation (évaluée autour de 10% du coût logistique, donc).

Un marché des plus copieux

La start-up est détenue par ses fondateurs mais aussi par la SAS Pivert, via un transfert de propriété intellectuelle. Cette dernière est une société innovante créée en 2012 et tournée vers le transfert de technologies. Elle est investie par des acteurs publics – l’Université technologique de Troyes par exemple – et des acteurs privés de la chimie comme Solvay et de l’agro-industrie comme Sofiprotéol.

Emblématique de la numérisation à l’ébauche dans l’agriculture, le logiciel de BioSCO est destiné dans un premier temps au marché français, puis visera l’Europe. Dans l’Hexagone, la jeune entreprise, qui ne se connait pas de concurrents apparemment, vise un millier de coopératives, sur les 2700 en activité pour un chiffre d’affaires de 85 Mds€. Le potentiel de création de valeur logistique est estimé à 330 M€. En Europe, 22 000 coopératives agricoles réalisent 350 Mds€ de chiffre d’affaires.