RGreen Invest anticipe une remontée des taux en 2017

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Nicolas Rochon
Nicolas Rochon (Photo : AC Poirier)

« Pour la première fois depuis au moins deux ans, nous risquons d’avoir des surprises négatives sur les taux bancaires », estime Nicolas Rochon, président de la société de gestion RGreen Invest. Spécialiste de la dette mezzanine pour les énergies renouvelables, ce professionnel constate « un frémissement » des taux réels sur le marché interbancaire, sur fond de mouvement de yoyo ces dernières semaines : « à n’importe quel moment désormais, nous pouvons rencontrer une grande volatilité ».

Couverture en Italie

A l’origine de l’inversion de tendance, la politique plus conservatrice des banques centrales, mais aussi les incertitudes politiques et économiques aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie… Conséquence concrète, cette société de gestion compte ...

par exemple se couvrir sur le risque de taux pour les candidatures de ses clients aux appels d’offres éoliens en Italie, après avoir étudié de près plusieurs scénarii de taux. RGreen Invest veut en particulier anticiper sur l’éventuelle baisse de rentabilité des projets éoliens, liée à des emprunts plus chers.

La situation paraît également évolutive de ce côté-ci des Alpes. Sur son métier premier de la dette junior, RGren Invest estime qu’un point bas a été atteint pour les taux spécifiques, passés de 12% (maximum) il y a cinq ans à 7% (minimum) en 2016. « Les primes de risque ne devraient plus baisser sur le marché éolien et solaire français : la sortie de l’obligation d’achat, l’augmentation des fonds propres dans les projets et l’évolution du coût de la dette senior devraient faire remonter les conditions mezzanine, sans  doute assez légèrement dans un premier temps », prévoit Nicolas Rochon.

Un nouveau fonds mixte equity-mezzanine

Cela dit, le marché mezzanine reste porteur pour la poignée de spécialistes opérant sur le segment des énergies renouvelables. Pour preuve, RGreen Invest compte boucler son fonds InfraGreen 2 à 140 M€ en février prochain, surtout auprès d’assureurs et de mutuelles français. Piloté au fil de l’eau, le fonds synchronise les sélections de projets et les levées de fonds et se trouve donc investi en permanence, soit 110 M€ à l’heure actuelle. Pour continuer sur la lancée, RGreen Invest proposera en juin 2017 un nouveau véhicule, avec un objectif de 250 M€ cette fois et la possibilité d’investir en equity. D’où le statut de Fonds professionnel de capital investissement (FPCI) pour cette future création.

Pourquoi cette inflexion par rapport à la dette junior pure et dure ? L’appétit des entreprises françaises en Europe et les gros besoins afférents. « Les développeurs français sont de plus en plus tournés vers l’international et y achètent d’importants portefeuilles de projets.  Ils nous proposent de les accompagner en co-investissement. Notre futur fonds sera donc orienté equity pour les portefeuilles européens, et quasi-fonds propres pour les projets en France », détaille Nicolas Rochon. Le fondateur de RGreen Invest vise 100 M€ fin 2017 sur ce nouveau fonds et un closing fin 2018.