[Exclusif] Baromètre de la performance des parcs éoliens avec Greensolver Index, 2e édition

Print Friendly, PDF & Email
maintenance-enercon
(Crédit : Enercon)

Article modifié à la demande de Greensolver le 19 octobre 2016, avec classement des deux premiers turbiniers dans chaque catégorie (disponibilité, « MTBF » et « MTTR »).

Après une première mise en ligne en mai dernier, voici la deuxième édition du Greensolver Index, publié sur un rythme semestriel par GreenUnivers. Créé par le gestionnaire indépendant de parcs éoliens Greensolver, cet outil mesure la qualité de la gestion des parc éoliens et s’appuie sur des données rares comme la disponibilité réelle, la fréquence des pannes et la rapidité de réparation dans les fermes. Les chiffres sont collectés depuis trois ans auprès des propriétaires de parcs (lire notre encadré « méthodologie » ).

« La quantité d’énergie produite ne suffit pas à apprécier la qualité d’un parc. Il faut évaluer le comportement des machines elles-mêmes, et notamment leur résistance aux pannes et la capacité à les réparer rapidement, explique Guy Auger fondateur et président de Greensolver. Le « mean time between failures » et le « mean time to repair » sont deux indicateurs que suivent les exploitants les plus matures. » Ces données incitent notamment les propriétaires et les exploitants à interroger les fabricants sur les éventuelles contre-performances des matériels. Le benchmark en la matière reste quasi inexistant.

info-s-2016

1) Disponibilité entre janvier et août 2016 : 98,7%

1er : Enercon  (99,1%)
2e : General Electric (98,6%)

La disponibilité exprime le temps pendant lequel l’éolienne est en parfait état de fonctionnement. La majorité des contrats de maintenance des turbiniers garantissent une disponibilité à 97%.  En 2015, la disponibilité moyenne, sur douze mois, s’élevait à 98%. Son augmentation entre janvier et août 2016 est d’autant plus remarquable que la période est composée pour un tiers de mois estivaux, pendant lesquels sont traditionnellement prévues les opérations de maintenance. Mais il se trouve qu’en 2016 et surtout depuis avril, Eole est des plus fainéants. Or, moins de vent, c’est aussi moins de pannes en général…
Disponibilité moyenne en 2015  : 98%
1er en 2015 :  Enercon  (99,1%)

2) MTBF entre janvier et août 2016 : 552,1 heures

1er : Vestas avec 997 heures
2e : Senvion avec 747 heures

Le MTBF (mean time between failures) exprime le temps moyen entre deux pannes. Il s’élevait, en 2015, à 660,54 heures et est descendu d’une centaine d’heures sur les huit premiers mois de 2016. « C’est beaucoup mais pas forcément inquiétant. Les fabricants proposent non seulement des designs de turbines différents, avec des composants plus ou moins robustes, mais aussi des designs de maintenance variés. L’essentiel est que cela s’exprime clairement dans les coûts respectifs de la turbine et de sa maintenance », estime Guy Auger.
MTBF moyen en 2015 : 660,54 heures
1er en 2015 : Enercon avec 1260 heures

3) MTTR  entre janvier et août 2016 : 4,3 heures

1er : Enercon avec 1,6 heure
2e : General Electric avec 2,8 heures

Le MTTR (mean time to repair) représente le temps moyen d’intervention lorsqu’une panne se produit. L’indicateur mesure la performance de l’équipe de maintenance (du fabricant ou d’un prestataire indépendant). Selon le président de Greensolver, « cette performance  dépend beaucoup de la pertinence du diagnostic initial, fait à distance, et de la qualité du stock de pièces détachées dont disposent sur place les centres locaux de maintenance des différents turbiniers. Ce stock correspond aussi à un choix de gestion de la part des turbiniers. »
MTTR 2015  : 4,7 heures
1er en 2015 : Enercon avec 2,9 heures

4) Taux de charge moyen en France : 25,9%

Hauts de France : 31,4%
Pays de la Loire : 28,1%
Occitanie : 27,1%
Grand Est : 25,6%
Auvergne Rhône-Alpes : 25%
Centre Val de Loire : 24%
Normandie : 22,5%
Bretagne : 21,6%
Nouvelle Aquitaine : 19,1%

Le taux de charge est influencé par la quantité de vent et la disponibilité des machines. Quand la disponibilité est excellente, il correspond au seul effet du vent. Par comparaison, le taux de charge moyen dans les pays très venteux peut atteindre 40%, dans le Nord de l’Ecosse par exemple.

La méthodologie retenue
Les informations sont fournies une fois par mois par huit propriétaires de parcs éoliens, dont certains sont clients de Greensolver, mais Greensolver Index est ouvert à tous. La capacité totale analysée approche 1,5 GW, dont 912 MW installés en France et le reste en Europe : Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Irlande et Espagne. Les données, en provenance de 113 parcs éoliens, portent notamment sur le comportement des turbines des huit principaux fabricants, tous représentés dans l’échantillon. En France, la majorité des parcs se situe dans le nord du pays.