Finalcad perce dans le bâtiment numérique et lève 18 M€

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Bien partie pour participer à l’énorme chantier de la numérisation dans la construction, Finalcad vient de lever 20 M$ (17,8 M€) auprès des fonds Aster Capital, Serena Capital et CapHorn Invest. « Le bâtiment est l’un des secteurs les moins numérisés. Ce que propose cette société basée à Gometz-la-Ville (Essonne) est en quelque sorte le “last mile” du Building information modeling (BIM) », estime Fabio Lancellotti, associé d’Aster Capital et responsable de cet investissement.

Le “BIM” en version chantier

Le BIM trouve en effet sa source dans les bureaux d’études, qui travaillent désormais sur des maquettes numérisées, mais s’étend aussi au suivi de chantier. C’est le créneau occupé par ...

Finalcad. “Les applications que propose Finalcad sur les tablettes ou mobiles sont utilisées par les entreprises de travaux, qui disposent des plans, des valeurs à respecter, des tolérances acceptées. Et surtout, en cas de problème, les responsables sur le terrain peuvent suggérer immédiatement leurs propositions et faire réagir les concepteurs”, indique Fabio Lancellotti.

De quoi améliorer la qualité d’exécution et contribuer à garantir les délais. La numérisation de la partie chantier facilite aussi le respect du cahier des charges des immeubles green : « un futur bâtiment à énergie positive exige une attention extrême pendant la construction. Le respect des instructions est fondamental et le risque de buter sur les contraintes de chantiers reste majeur, affirme l’investisseur. Ne serait-ce que le respect des timings. » Les retards se traduisent en effet par des coûts, lesquels peuvent inciter à arbitrer en catastrophe pour des matériaux moins performants…

Repère : RT 2020, le grand soir du bâtiment durable ? [Dossier], septembre 2016

Trente pays et de grands clients

Partie en 2011 de la région parisienne, la société cofondée et présidée par Jimmy Louchart compte déjà aujourd’hui des clients dans trente pays, 70 collaborateurs et un chiffre d’affaires entre 5 et 10 M€. En cinq ans, la jeune entreprise a réussi à percer auprès de contractants de classe mondiale, parmi lesquels Bouygues, Daewoo, Eiffage, Fujita, Shimizu ou Vinci. D’où l’ouverture de bureaux à Londres et Singapour en 2015 – “ l’Asie est le marché le plus prometteur”, selon Fabio Lancellotti. En revanche, les Etats-Unis devraient rester la chasse gardée des concurrents américains de Finalcad, notamment PlanGrid, créée en 2011 et qui compte déjà 200 employés.

Après une première collecte de 2,1 M€ en 2014 apportés par Serena Capital, l’entreprise lève cette fois presque neuf fois plus dans un tour conduit par Aster Capital et CapHorn Invest accompagnés par Serena Capital, avec les cofondateurs en position minoritaire. L’argent frais sera fléché d’une part vers la prospection à l’international, le développement dans les infrastructures et l’énergie, et de l’autre,vers la R&D, en particulier l‘analyse des données, l’intelligence artificielle appliquée à la reconnaissance des objets et la réalité augmentée.

Green & digital

Le marché mondial de la construction, estimé à 9,5 billions de dollars (8 400 Mds€), pourrait doubler d’ici 2030, selon le Global construction 2030 report réalisé en novembre 2015 par l’institut Global Construction Perspectives et Oxford Economics. L’intégration de critères environnementaux en est l’un des grands enjeux, de même que la numérisation. Selon une étude du McKinsey Global Institute en 2015 sur la diffusion du numérique aux Etats-Unis, le bâtiment figure parmi les secteurs les plus en retard, comme celui de la santé par exemple.