Energy Pool grandit dans l’effacement et s’émancipe de Schneider Electric

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Reportage au technopole Savoie-Technolac (73) –

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Actualité chargée cette année pour Energy Pool, cet encore jeune acteur de la modulation électrique, né en 2009 au technopole Savoie Technolac à Chambéry (73) et qui devrait afficher en 2016 pas moins de 25 M€ de chiffre d’affaires et un effectif de 90 personnes. Ce qui en fait l’une des grosses réussites de l’écosystème technologique irrigué par l’Institut national de l’énergie solaire, sur les rives du lac du Bourget.

Avec 2,5 GW de capacité de modulation (soit 1 GW de plus qu’en 2015) et 150 sites industriels et tertiaires connectés, Energy Pool profite à plein du développement du marché de l’effacement d’électricité en France, devenu l’un des pays européens leaders du demand/response, en compagnie de ...

la Grande-Bretagne, de la Finlande et de la Suisse, selon un rapport* de la Smart Energy Demand Coalition. « Le développement des effacements a été largement encouragé par RTE », explique Energy Pool dans son dossier de présentation, évoquant notamment la valorisation des effacements sur le marché Epex Spot, appelé mécanisme Nebef.

RTE comme premier client

« Notre principal client est en effet RTE en France, mais nous nous développons aussi auprès des exploitants de centrales, qui apprécient de pouvoir optimiser leur production, précise Thierry Teirlynck, directeur des opérations de la société. Notre troisième public est celui des industriels. Ils nous fournissent la flexibilité et peuvent réaliser de grosses économies – 5 à 20% des factures – grâce à l’effacement ». Energy Pool profite aussi de sa capacité à jouer dans plusieurs compartiments du jeu, de l’effacement long terme à la réserve primaire d’électricité, la première sollicitée par RTE en cas de déséquilibre et rémunératrice à hauteur de 100 000€ par MW engagé. Energy Pool travaille en ce moment sur un pool de consommateurs industriels capables de répondre en permanence aux appels de RTE, sur de faibles mais aussi fortes variations de fréquence.

Une nouvelle organisation du capital
L’expansion d’Energy Pool se double d’une émancipation à l’égard de Schneider Electric. En 2010, le groupe d’équipements électriques avait pris une participation majoritaire au capital de la société fondée par Olivier Baud ; cette année, le management a repris 75% du capital, annonce Thierry Teirlynck, qui précise : « Nous restons cependant sur un mode d’étroite collaboration d’un point de vue business ainsi que sur l’ensemble des aspects technologiques ». Un mouvement dans le sens contraire de celui effectué par l’un de ses concurrents, Smart Grid Energy, qui a intégré à 100% Vinci Energie, avec  la garantie de pouvoir conserver son autonomie tout en bénéficiant du réseau.

Evidemment intéressée par le marché des capacités, actuellement sur les fonts baptismaux en France, la société annonce avoir certifié entre 50 et 100 MW de capacité d’effacement industriel, avec en ligne de mire une capacité de 600 à 800 MW, sans préciser de date. Cette expertise l’incite d’ailleurs à proposer des prestations de conseils en la matière, notamment dans les pays intéressés par l’effacement. « En Turquie, nous aidons le régulateur à encadrer le marché de l’effacement et à construire celui des capacités », annonce Thierry Teirlynck.

Surfant sur la vague de la modulation électrique, qui évite de construire des centrales sollicitées pour les pointes de consommation donc coûteuses, le français est désormais présent dans une dizaine de pays et prévoit de réaliser 80% de son activité à l’international dans cinq ans – la proportion est inverse actuellement.

*Mapping demand response in Europe today, Smart Energy Demand Coalition, Bruxelles, 2015