Lendosphere va solliciter un statut de CIP auprès de l’AMF

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LendosphereJusqu’à présent intermédiaire en financement participatif (IFP), la plate-forme de crowdlending Lendosphere, qui s’approche des 7 M€ collectés, va expérimenter les possibilités offertes par la réforme dite Macron et notamment l’ordonnance du 28 avril dernier relative aux bons de caisse – une sorte de reconnaissance de dette. Plus précisément, les bons de caisse sont des titres anonymes émis par une entreprise en échange d’un crédit qui lui est accordé.

Démocratiser les bons de caisse

Dans l’esprit, cette réforme vise à profiter du succès du crowdfunding/lending pour faciliter le financement des entreprises (le plafond de collecte par projet passe de 1 M€ à 2,5 M€), à encourager  la participation d’autres entreprises, sans pour autant écarter les particuliers (le plafond individuel passe de 1 000 à 2000 euros). En pratique, l’ordonnance du 28 avril, consacrée aux prêts, crée des « minibons » qui démocratisent les bons de caisse.

Quelles conséquences pour une plateforme comme Lendosphere ? Le site propose ...

actuellement deux offres : la première baptisée Optimum repose sur un contrat de prêt, suppose un statut d’intermédiaire en investissement participatif et s’adresse aux personnes physiques souhaitant investir entre 50 et 1 000 euros. La seconde offre appelée Premium est basée sur des bons de caisse, exige un statut de courtier en opérations de banque et services de paiement et permet de collecter des fonds auprès des personnes morales.

Les minibons permettent d’accéder aux entreprises

A partir du 1er octobre prochain, ces bons de caisse devenus « minibons » (avec le plafond mentionné plus haut) seront à disposition « d’un prestataire de services d’investissement ou d’un conseiller en investissements participatifs (CIP) au moyen d’un site internet remplissant les caractéristiques fixées par le règlement général de l’Autorité des marchés financiers. » La contrepartie ? Il faudra demander et justifier un statut de CIP à l’AMF, alors que le statut d’IFP, plus souple, suppose un simple enregistrement et un contrôle a posteriori.

Lendosphere prévoit donc de solliciter auprès de l’Autorité des marchés financiers un agrément CIP. Ce qui ne signifie pas que la plateforme se lance dans l’investissement en fonds propres (equity), une diversification écartée fermement par Laure Verhaeghe, cofondatrice du site, interrogée à ce sujet par GreenUnivers. Il s’agit plutôt de se conformer à la future réglementation et de profiter des nouvelles possibilités de financement, même si le cadre actuel lui a déjà plutôt réussi.

6,8 M€ collectés

Créée en décembre 2014, ce pionnier du crowdlending dans les énergies renouvelables a collecté 6,8 M€ depuis ses débuts, pour 31 projets financés. Et s’envole cette année, puisque le site en était à 2 M€ en novembre 2015. Le partenariat signé avec l’assureur Allianz France il y a neuf mois va donner lieu à un premier projet avant la rentrée, annonce Laure Verhaeghe. Son entreprise  vient aussi de signer un accord avec l’Agence France Locale. Ce financeur mutualiste de collectivités locales compte sur le crowdlending pour garantir la destination des fonds prêtés.