Panorama des cleantech 2016 : de nouvelles ambitions

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Pano2016GreenUnivers publie ce jeudi 7 avril son Panorama des cleantech en France en 2016, réalisé en partenariat avec le cabinet EY et le Pexe, le réseau des éco-entreprises. C’est la cinquième édition de ce document de référence qui dresse un bilan des politiques publiques, des financements verts publics et privés, des tendances en matière d’innovation et de business dans huit secteurs clés et qui, cette année, s’intéresse aussi au nouveau rôle joué par les régions, promues chefs de file de la transition énergétique. Cette édition 2016, riche de près de 100 pages, a été réalisée grâce au soutien de nos partenaires, tous des acteurs clés de la transition énergétique : le groupe Engie, Business France, le groupe Ecosys et le Cleantech Open France et le fonds Demeter Partners.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse de ce Panorama 2016 dont vous pouvez télécharger la version intégrale en fin d’article.

 Nous vous souhaitons une bonne lecture. 


 

2015 a été marquée par la promulgation de la loi sur la transition énergétique (LTE) pour la croissance verte, l’organisation de la Cop 21 à Paris et la refonte du dispositif de soutien aux énergies renouvelables. Des objectifs ambitieux ont été fixés, qui doivent désormais être concrétisés.

1. Politiques publiques & financements

La loi de transition énergétique en vigueur

La LTE fixe des objectifs ambitieux : diminution de 30 % de la consommation d’énergies fossiles en 2030 ; baisse de la part du nucléaire pour atteindre 50 % de la production d’électricité en 2025 ; augmentation de la part des énergies renouvelables à 32 % de la consommation énergétique finale d’énergie en 2030 (40 % de la production d’électricité) ; réduction par un facteur deux de la consommation d’énergie finale d’ici à 2050 (par rapport à 2012).

Les grands acteurs publics poursuivent leurs engagements, comme Bpifrance et plus largement le groupe Caisse des Dépôts, ce dernier souhaitant mobiliser 15 milliards d’euros en faveur de la transition énergétique d’ici à 2017. L’export est aussi une priorité des pouvoirs publics pour aider les PME et ETI à se développer.

Les levées de fonds battent un nouveau record

Plus de cent sociétés françaises des cleantech ont renforcé leurs fonds propres en 2015, dépassant globalement le milliard d’euros collecté. Soit une hausse de 40 % par rapport à 2014. Le capital investissement est de loin la première source de financement des entreprises des cleantech. Energies renouvelables, efficacité énergétique et écomobilité sont les secteurs privilégiés par les investisseurs.

Le financement de projets en demi-teinte

2015 a été une année record pour les projets d’énergies renouvelables dans le monde, avec près de 330 Mds$ investis dans le monde, selon Bloomberg New Energy Finance. En France, si l’éolien est en expansion, les autres technologies marquent le pas : les investissements y ont baissé de 53% pour atteindre 3 Mds$. Le pays devra pourtant poursuivre ses investissements pour atteindre ses objectifs de déploiement des EnR. Les grandes banques semblent prêtes à se mobiliser : BNP Paribas et Société Générale veulent ainsi doubler leurs investissements dans les énergies renouvelables.

2. Gros plan sur huit secteurs clés

Le redémarrage de l’éolien terrestre se confirme

L’année 2015 a entériné le rebond observé en 2014. Près de 1 000 MW éoliens ont été raccordés l’année dernière, et de nombreux projets, libérés de recours juridiques, devraient bientôt voir le jour, selon le Syndicat des énergies renouvelables. Le parc éolien raccordé en France s’élève, au 1er janvier 2016, à 10 312 MW. La filière gagne en maturité et crée des emplois (+15 % en un an).

Vents contraires dans l’éolien en mer

À l’échelle mondiale, l’éolien en mer représente 12 GW installés, dont 90 % en Europe, avec plus de 3 000 turbines en service. En retrait, l’Hexagone ne compte encore aucune turbine en mer. L’horizon s’arrête pour l’instant aux 2,9 GW à installer d’ici à 2021, quand l’objectif du Grenelle de l’environnement était de 6 GW en 2020. Dans le posé, le troisième appel d’offres a été reporté au grand dam de la filière. Reste le flottant, où le foisonnement d’acteurs et de technologies est quasi unique dans le monde. L’Hexagone tient-il là sa revanche ?

Le solaire attend le rebond

2015 restera une année décevante pour la filière photovoltaïque. Le volume raccordé s’élève à 895 MW, sous les 930 MW de 2014, selon le Syndicat des énergies renouvelables. Et encore, ce volume intègre la centrale de Cestas (Gironde) de Neoen qui pèse, à elle seule, 300 MW. Malgré tout, le parc solaire métropolitain a progressé de 16,9 % en 2015 pour atteindre 6,1 GW installés. Le relèvement des objectifs et le doublement des appels d’offres laissent espérer une reprise fin 2016. La filière se prépare aussi à l’arrivée du complément de rémunération à la place des tarifs d’achat garantis. Côté acteurs, de jeunes sociétés innovent et des ETI montent en puissance dans l’exploitation, à l’ombre des deux grands énergéticiens.

Marée montante pour les énergies marines

Dotée d’un potentiel important, la France veut devenir leader mondial de ce jeune secteur. Plusieurs appels à projets ont déjà été lancés, les sites d’essais s’étoffent et les démonstrateurs sont peu à peu immergés. L’énergie hydrolienne est la plus avancée, tirée par les grands groupes dans le domaine marin et par les PME dans le fluvial. Le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie pour 2023 devrait fixer, pour la première fois, des objectifs EMR : 100 MW installés (y compris éolien flottant) et 100 à 200 MW « engagés » d’ici à cinq ans.

Le biogaz en phase d’apprentissage

Il représente un potentiel mobilisable de 56 TWh par an, soit la consommation énergétique de près de 3 millions de foyers, selon l’Ademe. Il constitue donc une source non négligeable d’énergie renouvelable, dont 90 % seraient issus du monde agricole. Mais le marché a connu des débuts difficiles avec des obstacles réglementaires, technologiques, financiers… Les changements intervenus en 2015, dont la revalorisation des tarifs d’achat et la simplification des démarches administratives, devraient l’aider à prendre un nouvel élan.

Les réseaux au cœur de la transition énergétique

La loi de transition énergétique pour la croissance verte donne un coup d’accélérateur au déploiement des réseaux intelligents. La France met le turbo avec le lancement d’expérimentations à grande échelle dans les territoires, notamment en PACA et Bretagne/Pays de la Loire, et le début de l’installation des compteurs communicants Linky et Gazpar. Les grands groupes (EDF, Engie, RTE, ERDF…) sont en première ligne, mais les jeunes sociétés innovantes peuvent aussi tirer profit de ces nouveaux marchés.

Des projets de stockage partout, mais peu dans l’Hexagone

Les capacités mondiales installées et annoncées n’ont jamais été aussi fortes. Un segment sort du lot : le résidentiel, en particulier aux États-Unis. La France reste pour l’instant à l’écart du mouvement, à l’exception de l’outre-mer où les projets devraient se multiplier. L’appel d’offres photovoltaïque et stockage dans les ZNI, lancé en mai, a remporté un succès historique : 217 dossiers reçus, pour une puissance totale de 356 MW dont la CRE ne gardera que 50 MW.

Mobilisation aux résultats limités dans l’efficacité énergétique

L’arsenal législatif et réglementaire s’est beaucoup étoffé en 2015. Sur le terrain, grands groupes et jeunes entreprises rivalisent d’initiatives, à l’image de Cozynergy, Qarnot Computing ou encore Enertime dans le secteur industriel. Mais le pays reste énergivore et surtout, les travaux ne sont rentables qu’à plus long terme en raison de la baisse du prix du pétrole. Des solutions innovantes comme le tiers-financement se développent.

3. Les territoires chefs de file de la transition énergétique

Les collectivités agissent depuis plusieurs années pour répondre aux défis du dérèglement climatique à travers leurs responsabilités directes ou indirectes. Mais l’entrée en vigueur de la LTE et de la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) renforcent leurs compétences et font d’elles des chefs de file de la croissance verte.

Avec plus de 10 000 entreprises membres, les clusters des cleantech (pôles de compétitivité, groupements d’entreprises…) sont des acteurs incontournables de la filière dans les territoires, selon l’étude 2016 de l’Observatoire des clusters verts du PEXE, qui regroupe les réseaux d’éco-entreprises de France.

Parmi les territoires pionniers, le Grand Lyon s’est mobilisé pour faire émerger des champions sur le marché des smart grids. Autre exemple : la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes harmonise ses dispositifs d’aide aux entreprises des cleantech.

Les partenaires du Panorama des cleantech 2016

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