G2mobility invite Nexans à profiter du boom des bornes de recharge

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Borne de recharge G2mobility (crédit : G2mobility)
Borne de recharge G2mobility (crédit : G2mobility)

Avec un carnet de commandes chargé à bloc  – «  au premier trimestre 2016, notre chiffre d’affaires équivaut à celui de 2015 » annonce son président Pierre Glasquin – le spécialiste des bornes de recharge G2mobility avait besoin de trouver un partenaire industriel d’envergure pour répondre aux demandes des clients. C’est chose faite avec l’arrivée d’un vrai poids lourd, le ...

groupe Nexans. Le fabricant  de câbles aux 6,2 Mds€ de chiffre d’affaires entre au capital d’une start-up qui a encaissé 1,4 M€ l’année dernière.

Nexans se lance dans les bornes

« Nexans Power Accessories est déjà présent dans le raccordement de puissance et souhaite se développer dans les bornes de recharge. Pour notre part, nous avons absolument besoin d’un fournisseur capable de produire des bornes en quantités industrielles. Nos sous-traitants actuels ne suffisent plus », analyse Pierre Glasquin. Cet accord entre un Lilliputien et Gulliver se traduira dès juin prochain par l’arrivée des premiers appareils de recharge en provenance de l’usine Nexans de Donchery dans les Ardennes.

Dans cette opération, l’industriel se fait aussi bailleur de fonds et actionnaire bien informé puisque le groupe que dirige Arnaud Poupart-Lafarge détient désormais 5% du capital de G2mobility. Pour sa part, la jeune entreprise basée à Sèvres (Hauts-de-Seine) réalise dans la foulée un deuxième tour – le premier avait eu lieu en 2013 et 2014 avec 3,8 M€ collectés en tout – et réussit à lever 2,7 M€. Auprès de Nexans, mais aussi de ses deux actionnaires historiques et désormais majoritaires (26,5 % des parts chacun) : Bpifrance et le fonds Innovacom. Les fondateurs conservent 40% du capital.

Un marché qui galope

«  La vraie difficulté de notre métier est d’adopter le bon tempo, c’est-à-dire d’anticiper correctement sur le rythme d’un marché complètement nouveau. Il faut détecter à quelle vitesse il va évoluer et en parallèle, grossir ni trop ni trop peu », formule Pierre Glasquin. Pour l’instant, le risque semble résider dans la seconde option. La levée de fonds de G2mobility doit en effet beaucoup à l’optimisme qu’inspire son marché. Le seuil des 10 000 points de recharge a été franchi dans l’Hexagone en novembre dernier. A son échelle, Pierre Glasquin assiste, à la fois réjoui et préoccupé, à une explosion de la charge de travail dans son entreprise de 25 salariés, un effectif qui n’a pas bougé depuis 2013 : « chaque département français est en train de s’équiper, en moyenne, de 200 à 500 bornes.  Mais le plus significatif est la progression du nombre de véhicules électriques dans notre pays, en très forte accélération, + 100% au premier trimestre. Il faut pouvoir répondre ! »

Le deuxième motif de la confiance des investisseurs et de cette forme de reconnaissance que représente l’entrée d’un mastodonte comme Nexans ? La double casquette de G2mobility, qui fabrique bien sûr des bornes mais propose en plus une plateforme logicielle de gestion à distance adaptable à tous les appareils. Avec des fonctionnalités pointues, selon Pierre Glasquin, notamment dans le management de la file d’attente des batteries à recharger : « Nous avons pas mal de concurrents dans les bornes mais encore très peu dans le software. EDF et IBM se lancent. Schneider a un outil mais c’est un système propriétaire. »

Les grandes entreprises s’équipent

G2mobility doit livrer plusieurs milliers de bornes d’ici l’année prochaine et a réussi ces derniers mois un impressionnant tableau de chasse, intégrant dans sa liste de clients la Société générale, Renault, ErDF, Orange, LVMH et une vingtaine de départements, entre autres. Du coup, de 1,4 M€ en 2015, l’activité devrait bondir à 4 M€. Et plus si affinités dans les années qui viennent, puisque Pierre Glasquin compte appuyer encore sur la pédale pour se tourner le plus vite possible vers les marchés européens, en commençant par le Bénélux.

Il faudra aussi se préoccuper un jour de rentabilité – annoncée pour 2017 par le fondateur – et à moyen terme, de l’avenir de la structure. L’arrivée de Nexans ne peut que laisser envisager une intégration dans ce groupe, d’autant que G2mobility est contrôlée par deux fonds qui ne resteront pas éternellement. « Pour l’instant, avec Nexans, nous en sommes au partenariat, tempère Pierre Glasquin.  Et plus généralement, pour une société comme la nôtre, la sortie des investisseurs historiques se fait de deux manières : un rachat par un industriel ou une introduction en Bourse. »

Selon le dernier point fait par l’association Avere-France et le groupement Gireve, 10 161 points de recharge électrique publics étaient en service en novembre 2015, dans 3 169 stations, dont les 1 007 stations Autolib’ en région parisienne. C’est 1 561 bornes de plus qu’en septembre 2015. Quant à l’application ChargeMap, elle recense 5 990 zones de charge et 25 694 prises, publiques et privées, en France. Pionnier de ce marché, le fabricant DBT a réussi son introduction en Bourse il y a quelques semaines, collectant 9,2 M€. Côté véhicules, une étude du cabinet Frost & Sullivan estime que près de 3 millions de véhicules électriques circuleront dans le monde à l’horizon 2018 contre 500 000 unités en 2014. En France, le volume du marché reste modeste mais a triplé entre 2012 et 2015, passant de 5 663 voitures particulières à 17 268.