Transition énergétique toujours difficile pour E.ON et RWE

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nuageSurcapacités liées à la montée en puissance des énergies renouvelables, chute des prix de l’électricité sur les marchés de gros qui écrase les marges, perte de valeur des centrales thermiques… Les énergéticiens allemands continuent à broyer du noir. Le numéro un, E.ON, a annoncé ce matin une perte nette record de 7 Mds€ en 2015, liée à des dépréciations d’actifs de 8,8 Mds€ sur ...

ses centrales traditionnelles (gaz, charbon), pour un chiffre d’affaires de 116 Mds€. C’est plus de deux fois la perte nette de 3,16 Mds€ enregistrée l’année précédente. L’Ebitda est lui en baisse de 10% à 7,6 Mds€.

Les renouvelables n’échappent pas à la morosité : le chiffre d’affaires de l’activité a certes augmenté à 2,5 Mds€ en 2015, grâce à de nouvelles capacités dont 500 MW d’éolien offshore, contre 2,4 Mds€ en 2014, mais l’Ebitda a baissé à 1,3 Md€ contre 1,5 Md€ en 2014. Une diminution qu’E.ON explique en partie par la vente d’installations hydroélectriques en Espagne et en Italie et par la baisse des prix de l’électricité.

Un chemin plus difficile que prévu

Et le groupe ne s’attend pas à une embellie à court terme. « Le chemin sera plus dur et plus long que prévu initialement », a indiqué Johannes Teyssen, le président du directoire, en faisant référence à la stratégie présentée en 2014 : le groupe a alors décidé de scinder ses activités, logeant les renouvelables et la gestion des réseaux dans la société mère E.ON, la société Uniper gardant les centrales thermiques (gaz, charbon).

Uniper doit entrer en Bourse au second semestre 2016. Mais d’ici là, le géant allemand va revoir les perspectives de développement des deux entités, à l’aune de la détérioration du marché de l’énergie.

RWE ne va pas mieux

Son challenger RWE n’est pas non plus au mieux de sa forme : le groupe a annoncé le 8 mars une perte nette de 170 M€ en 2015, après un bénéfice net de 1,7 Md€ en 2014, pour un chiffre d’affaires de 48,6 Mds€.

Dans les renouvelables, le groupe d’Essen a plus que doublé son chiffre d’affaires à 493 M€, contre 186 M€ en 2014. Cette forte hausse est largement due à la mise en service de nouvelles capacités pour un total de près de 1 GW dont les parcs éoliens en mer de Nordsee Ost (295 MW) et Gwynt y Mor (576 MW, dont RWE détient 50%).

Fin 2015, RWE a également choisi de séparer ses activités, avec la création d’une entité spécifique pour les domaines « future-oriented » (énergies renouvelables, réseaux et distribution). Le groupe gardera la majorité du capital, mais 10% doit être placé en Bourse fin 2016. Peter Terium, le président du directoire de RWE, prendra la direction de cette nouvelle filiale.