McPhy Energy commence à avoir de vrais clients

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mcphy« L’activité commerciale prend le relais des grands projets de démonstration », résume Pascal Mauberger, président de McPhy Energy, pour décrire l’actualité de cette entreprise introduite sur Euronext il y a deux ans à l’occasion de la présentation de ses résultats. Depuis sa création en 2008, ce spécialiste du stockage de l’hydrogène sous forme solide a en effet participé à de nombreux projets, comme en ce moment celui d’Engie dédié à l’injection d’hydrogène dans le gaz naturel, dénommé GRHYD.

En 2014, dans cette société de 80 salariés, les revenus subventionnés trustaient encore les ...

deux tiers (5,2 M€) de l’activité (8,4 M€). En 2015, ils sont tombés à 2,3 M€. « Nos solutions ...
industrielles ont démontré leur pertinence et nous ne prenons plus de projets subventionnés » annonce Pascal Mauberger. Du coup, l’activité globale diminue mais le chiffre d’affaires issu des contrats 100% commerciaux, augmente. La société reste néanmoins déficitaire.

Résultats PcPhy

Des contrats dans la mobilité hydrogène

Cette montée en puissance des contrats avec de vrais clients (mais sur des marchés qui restent eux-mêmes fortement aidés) possède deux moteurs : la mobilité hydrogène et le power to gas, où un début de marché se dessine, tant en France qu’à l’international. Pionnier sur ces deux territoires, McPhy compte bien en profiter au maximum. Coté mobilité, l’entreprise de La Mottte-Fanjas (Drôme) est finaliste sur un projet à 1 M€ aux Etats-Unis et veut surfer sur la vague du futur réseau hydrogène français, prévu à 100 stations-services dans trois ans dont 22 cette année – « une carte dont nous n’aurions pas rêvé il y a quatre ans », se réjouit Pascal Mauberger. Un projet survivant de la Nouvelle France Industrielle, que l’association des professionnels de l’hydrogène Afhypac chiffre à 60 M€ de budget pour l’Etat.

McPhy Energy a déjà décroché quatre appels d’offres sur cinq l’année dernière (les stations de Lyon, Paris, Sarreguemines et Valence- Romans), la dernière (Rodez) allant à Areva SE. « Nous bénéficions de notre positionnement d’ensemblier, capable de fournir tout l’équipement – la pompe, le réservoir et l’électrolyseur – ou seulement une partie. Surtout, nous pouvons augmenter la capacité de la station au fil du temps », explique Pascal Mauberger. Le gros problème des points de recharge hydrogène est en effet de se retrouver… sans véhicules, la flotte d’utilitaires ne dépassant pas quelques dizaines d’unités en France et celle des voitures de loisirs se comptant sur les doigts d’une main, pour l’instant. Il faut donc commencer petit – 200 000 € pour une station premier prix à 350 bars, chez McPhy -, mais voir grand.

Des concurrents plus fabricants qu’ensembliers
McPhy Energy évolue sur un marché émergent mais déjà mondial et estime être le seul ensemblier capable de fournir une solution complète et intégrée, de l’électron à la molécule H2. Les principaux concurrents qui se font jour au fil des appels d’offres sont le canadien Hydrogenics, le norvégien Nel Hydrogen, l’américain Plug Power et Areva SE. Selon McPhy, ces entreprises fabriquent une partie de la solution mais passent des accords avec d’autres acteurs pour fournir les autres briques, d’où des prix in fine supérieurs.

Des ambitions dans le power to gas

McPhy voit grand sur son autre marché, la valorisation d’électricité excédentaire par la production d’hydrogène. Et voit loin aussi puisque la société s’estime en bonne posture pour décrocher un marché à 6,4 M€ près de Pékin. Annoncé comme conclu l’année dernière mais en fait soumis à un appel d’offres décidé un peu tard par le constructeur chinois et finalisé courant 2016, le contrat consisterait pour McPhy à récupérer le surplus d’un parc éolien pour fabriquer 4 MW de gaz.

Un autre contrat d’importance a été conclu avec GrTGaz, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), dans un projet baptisée modestement « Jupiter 1000 » et financé par l’Ademe dans le cadre du Programme des investissements d’avenir. Le transporteur de gaz a commandé une installation d’un mégawatt pour fabriquer de l’hydrogène, lequel pourrait éventuellement être ensuite combiné avec du Co2 industriel pour fournir du méthane de synthèse, en 2018. Ce projet est aussi l’occasion pour McPhy Energy de se familiariser avec la technologie PEM (Proton Exchange Membrane, electrolyte solide) à laquelle il préférait jusqu’à maintenant la très éprouvée électrolyse alcaline, « qui fait le boulot pour moins cher  », selon Pascal Mauberger. Pour upgrader quand même le bon vieil alcalin, la société vient de signer un accord avec l’électrochimiste italien De Nora, qui va fournir des électrodes de compétition.