Les jeunes pousses du Salon de l’agriculture

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Effibot E3 (2)
EffiBot, le robot baudet d’Effidence.

Le Salon de l’agriculture millésime 2016 n’est pas seulement le lieu où les politiques défilent. On y trouve aussi des organismes de recherche et plusieurs jeunes pousses tournées vers l’agritech.

L’Irstea (ex Cemagref) y fait par exemple évoluer ses robots prototypes dans un petit enclos, ce qui fait beaucoup pour sa réputation auprès des enfants des visiteurs. Mais ces robots sont tous sauf des jouets. Ils sont destinés à l’assistance logistique, la collecte de données ou l’entretien des parcelles. L’un des appareils a d’ailleurs largement quitté le berceau du prototypage puisqu’il est ...

commercialisé par Effidence, spin-off auvergnate de l’Irstea.

La mule électrique

Vendu 15 000 euros et baptisé Effibot, cet engin à moteur électrique joue le rôle d’une mule pour transporter du matériel ou des produits en suivant automatiquement l’agriculteur. Il peut acheminer jusqu’à 300 kg. Pour intégrer les mouvements d’un être humain, sa vitesse et sa position, l’EffiBot est équipé d’un système de navigation autonome, d’un télémètre laser à balayage et d’une centrale inertielle. Effidence, créée en 2009 et basée à Saint-Saturnin (63), est un essaimage des équipes de robotique de l’Irstea et de l’Institut Pascal-CNRS de Clermont-Ferrand. La jeune entreprise a racheté les brevets déposés par l’Irstea et compte aujourd’hui 13 salariés. Plusieurs start-up françaises se passionnent pour la robotique agricole, parmi elles lesquelles Naio Technologies et Vitirover.

Repère : lire également notre dossier paru à l’occasion du salon de l’agriculture

 

weenat-hp-303A quelques enjambées de l’enclos de l’Irstea s’affiche La Ferme Digitale, rassemblement de cinq start-up dont la plateforme de financement participatif Miimosa. Parmi ses autres cofondateurs figure Weenat, qui fabrique et gère des capteurs connectés. Installés dans les champs, ces tubes blancs de un mètre de hauteur mesurent une centaine de fois par jour la température de l’air et du sol, l’hygrométrie, la pluviométrie et la tensiométrie (force nécessaire pour déplacer l’eau dans le sol ; moins il y a d’eau dans le sol, plus la tension est grande). Les relevés de Weenat sont consultables en temps réel par l’agriculteur, sur Internet. Ils lui évitent de se rendre sur les parcelles pour connaître l’état des terrains et du milieu et représentent de ce fait une aide à la décision, pour gérer au mieux l’irrigation, réduire les traitements, déplacer les troupeaux… La porte-parole de cette entreprise de dix salariés situés à Lille et Nantes annonce un millier d’appareils installés.

Attention à l’excès de carottes

Mon pot2Lui aussi cofondateur de l’association La Ferme Digitale, le site monpotager.com propose un potager virtuel aux citadins, lequel est reproduit à l’identique par un agriculteur. « Monpotager.com vous permet de cultiver votre propre potager depuis un ordinateur ou une tablette. En quelques clics, vous « plantez » en ligne un potager qui s’adapte à vos besoins, de 15 à 150 m2 soit entre 40 et 600 kg de légumes et fruits par an, explique Sébastien Fleury, directeur technique et associé. Si vous avez eu les yeux plus grands que le ventre et que vous avez récolté trop de carottes par exemple, vous pouvez les revendre sur notre place de marché ».

Ludique mais loin d’être un gadget, ce site créé en 2013 par Thierry Desforges, agriculteur de 34 ans dans l’Essonne, met aujourd’hui en relation 1 500 clients avec trente exploitants en agriculture bio ou raisonnée. Monpotager.com annonce un chiffre d’affaire de 180 000 euros et a réussi à l’automne 2015 une levée de fonds de 700 000 euros, dont 300 000 euros via la plateforme de crowdfunding Wiseed. La collecte est notamment destinée à étendre le réseau de livraison des clients et à trouver des solutions pour en réduire le coût sur le dernier kilomètre.

La Ferme Digitale réunit aussi Agriconomie, place de marché spécialisée dans les approvisionnements en semences, pièces, équipements, engrais et Ekylibre, une start-up qui développe des outils logiciels open source pour une gestion plus efficace des exploitations.