La route solaire est lancée, mais à quel prix ?

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Route solaire dalle

La première dalle de la « route solaire » a été posée aujourd’hui 21 mars à Marseille en présence de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement. Composée de 10 m2 de cellules photovoltaïques prises en sandwich dans un mélange de résine et de polymères transparents, cette dalle est conçue et fabriqué par le groupe de travaux publics Colas. Elle n’est pas installée sur une route ouverte au public mais à l’intérieur du ...

centre départemental d’exploitation de la rocade autoroutière de 9 km nommée L2, construite dans le cadre d’un partenariat public-privé (620 M€) dont Colas Midi-Méditerranée est membre.

L’inauguration de cette dalle photovoltaïque fait partie d’un projet exposé en décembre dernier par la ministre de l’Environnement, qui consiste à construire en France 1 000 km de routes solaires en cinq ans. La ministre a annoncé aujourd’hui que 5 millions d’euros seraient consacrés aux projets de routes ou parkings solaires. Avec dans un premier temps des tests sur de petites surfaces à circulation réduite (20 à 50 m2) et des surfaces de 100 à 150 m2 supportant un trafic poids lourd. Un cadre réglementaire adapté à ce type de routes doit être présenté dans les mois qui viennent.

Un appel à projets « Route du futur » a par ailleurs été lancé l’année dernière par l’Ademe, dans le cadre du Programme des investissements d’avenir. Il va être complété par un appel à propositions d’ici la fin de l’année auprès des collectivités et des gestionnaires de voirie.

Vers la route à énergie positive ?

Lancé le 15 juillet 2015 et clos le 1er octobre prochain, l’appel à projets « Route du futur » a pour objectif de sélectionner des solutions pour réduire l’empreinte de la construction et de l’entretien des routes, produire de l’énergie et améliorer les méthodes de conception et de construction des infrastructures. Son thème numéro deux porte sur l’insertion de la route dans la production, le stockage et la distribution d’énergie et comprend trois volets : la route solaire, la route auto-dégivrante et la recharge électrique des véhicules par la chaussée.

900 euros par dalle

Baptisé Wattway et présenté en octobre dernier, le prototype breveté par Colas à l’issue d’un programme de R&D en commun avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) mesure 1,80 m x 0,70 m et son rendement serait de 14%. Le groupe a évalué qu’une surface de 20 m2 de chaussée solaire avec 1 000 heures de soleil/an, pourrait répondre à la consommation d’un foyer hors chauffage et qu’un kilomètre alimenterait grosso modo l’éclairage d’une ville de 5 000 habitants.

En revanche, le prix de ce revêtement n’a pas été précisément dévoilé. Lors du salon World Efficiency, le 13 octobre dernier, des professionnels du groupe l’estimaient à 900 euros par dalle. Le coût a depuis fait l’objet de nombreuses critiques. A l’occasion d’une enquête fouillée, le site Techniques de l’ingénieur estime que la dalle Wattway coûte 6€/watt et que construire 1000 kilomètres photovoltaïques se solderait par une addition de 2,7 Mds€. Le site compare cette facture avec la centrale de Cestas de 300 MW, réalisée pour un montant de 360 M€, soit 1,2 €/W. Et de citer Raphaël Claustre, directeur du CLER (Comité de liaison des énergies renouvelables) qui estime qu’« il y a un paradoxe à s’emballer pour des projets dont la faisabilité est encore très complexe alors que la filière solaire sur toiture est techniquement mûre et a tant besoin d’être soutenue. »