Cop21 : l’accord sur le climat signé à Paris

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Cop21C’est fait ! Après un ultime suspense, les délégués de 195 pays ont adopté l’accord sur le climat ce 12 décembre au Bourget. Un texte présenté comme « ambitieux et équilibré » par Laurent Fabius, président de la Cop21. Le compromis qui a nécessité 15 jours de travail difficile a été salué par des ONG, dont Greenpeace, mais critiqué par d’autres comme Oxfam ou 350.org. « C’est une bonne nouvelle, les points de l’accord les plus importants sont contraignants », a indiqué de son côté Pascal Canfin, ex ministre EELV délégué au Développement et futur DG du WWF France.

Cet accord doit entrer en vigueur en 2020, à condition que 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre mondiale, au minimum, l’approuvent. Voici ses principaux points.

Ambition : moins de deux degrés Celsius, voire 1,5 degré

L’accord fixe comme objectif de contenir l’augmentation moyenne de la température de la planète bien en-dessous de 2 degrés par rapport au niveau pré-industriel et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse de température à 1,5 degré, afin de réduire significativement l’impact des changements climatiques, a indiqué Laurent Fabius, président de la Cop21. C’était une demande de beaucoup de pays présents lors de cette Cop, notamment des petites îles menacées de disparition par la montée du niveau de la mer.

Un (gros) bémol cependant : le texte ne fixe pas d’objectif en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre mais évoque seulement « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ».

Répartition des efforts : la règle de l’équité
Les pays développés doivent « continuer à prendre la tête » des efforts de réduction d’émissions. Les pays en développement, eux, doivent « continuer à renforcer leurs efforts d’atténuation  (…) à la lumière des différents contextes nationaux », formulation qui prend donc en compte leur niveau de développement. Enfin, l’accord souligne qu’ »un soutien doit être apporté aux pays en développement » par les nations économiquement plus avancées.
– Principe d’un réexamen tous les 5 ans
Les engagements climatiques des Etats (réduction des émissions de gaz à effet de serre, INDC) seront rééxaminés à la hausse tous les 5 ans et un bilan collectif des progrès sur la même période sera établi. Les contributions des 185 pays qui les ont remis à ce jour seront annexées à l’accord, mais elles ne sont pas contraignantes. Rappelons qu’elles ne permettent pas en l’état d’atteindre une trajectoire deux degrés, mais trois degrés.
– Pertes et dommages, mais pas de compensation
L’accord entérine le mécanisme des pertes et dommages – sorte d’assurance climat pour les pays les plus vulnérables au changement climatique. C’était une demande des pays émergents. Mais il exclut toute « responsabilité ou compensation » des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement.
– Financements : 100 Mds$, un plancher

Un plancher de 100 Mds$ par an a été fixé pour l’enveloppe apportée par les pays industrialisés aux pays émergents pour les aider à lutter contre le changement climatique. Son montant devrait être réévalué d’ici à 2015.

  • Consulter le texte de l’accord sur le climat adopté le 12 décembre à Paris ci-dessous (ou ici en PDF)