PV + stockage : Ausar Energy se lance en Afrique, soutenue par Engie

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(Crédit : Flickr / Sean Sprague)
(Crédit : Flickr / Sean Sprague)

 

Opérationnelle depuis moins d’un an, Ausar Energy se lance sur le bouillonnant marché de l’énergie africain avec une offre « clés en main » conjuguant installation solaire, solution de stockage et parfois même déploiement d’un réseau électrique local. La demande est « monstrueuse », assure Franck Tannery l’un des cofondateurs, alors que l’entreprise, qui vient de lever des fonds, espère annoncer ses premiers contrats dans les prochains mois.

Levée de fonds pour se lancer

Sur la rampe de lancement depuis quelques mois, Ausar Energy souhaite ...

conserver encore un peu de mystère sur ses origines. Créée dès décembre 2014, la jeune pousse serait née de la rencontre entre deux sociétés françaises, confie Franck Tannery son président : Adetel et Cofely Ineo SCLE. La première est spécialiste de l’électronique de puissance, de la conversion d’énergie et de la gestion du stockage en environnement critique. La deuxième, filiale d’Engie, est leader sur le marché du contrôle commande des postes de transformation haute tension. Les deux entreprises ont investi dans Ausar Energy en avril 2015, aux côtés du fonds Rassembleurs d’Énergie d’Engie, pour un montant global non dévoilé. Tout juste sait-on que le total de bilan, comprenant les apports financiers et technologiques, s’élève à 4 millions d’euros.

Sur les trois fondateurs, seulement deux acceptent d’être identifiés : Franck Tannery, ex-professeur de stratégie à l’université de Lyon, et Samuel Elong-Ndame, le directeur financier, ancien de BNP Paribas. Le dernier reste masqué « le temps de finaliser un accord commercial avec une société internationale »…

Payback dans les six ans

Sur l’offre commerciale, en revanche, Ausar Energy en dit volontiers plus. L’entreprise se positionne comme ingéniériste, systémier et prestataire de services sur des installations d’énergies renouvelables livrées clés en main dans des sites isolés ou mal raccordés. Elle propose des unités solaires de 50 kW à 2 MW équipées de solutions de stockage, le plus souvent au plomb. Elle se charge elle-même de l’ingénierie préalable, du dimensionnement des installations, puis qualifie des fabricants de panneaux solaires et de batteries. L’installation est opérée par des installateurs qualifiés « issus de la galaxie d’Engie » selon une logique de plug&play qui permet d’avoir des temps de chantier très courts.

Bien souvent, les solutions d’Ausar Energy viennent en remplacement de groupes électrogènes, dans les villages ou chez les petits industriels. « Leur coût au kWh est deux à trois fois plus cher qu’un kWh solaire », assure Franck Tannery. Si le stockage présente un surcoût, le payback peut être escompté dans les six ans, explique le président d’Ausar Energy, qui s’occupe également de l’ingénierie financière en collaboration avec les banques et institutions locales. Dans les cas d’électrification de zones non raccordées au réseau, le coût est nettement moins élevé que de tirer le réseau sur plusieurs kilomètres : « au Gabon, le coût d’extension du réseau est de 35-40 euros le mètre, ce qui joue en faveur des mini réseaux comme les nôtres », indique Franck Tannery.

Projets bien avancés

L’entreprise, qui compte cinq collaborateurs en France, s’appuie sur un réseau d’apporteurs d’affaires d’environ dix personnes en Afrique, ce qui facilite la prospection sans peser sur la structure de coût. Elle indique avoir des projets bien avancés au Gabon, Cameroun et Maroc, qu’elle espère concrétiser dans les prochains mois. A plus long terme, Ausar Energy indique réfléchir également à la cogénération, à des installations impliquant la micro-hydro ou encore l’éolien même si les business cases sont plus compliqués.