« La question climatique, une opportunité pour les entrepreneurs »

Print Friendly, PDF & Email
gilles berhault
Gilles Berhault (DR)

La feuille de route pour s’attaquer à la question climatique est autant politique qu’économique, explique Gilles Berhault, président du Comité21 et du Club France Développement durable*. Pour lui, une grande partie de la solution se trouve dans les start-up, centres de R&D et autres laboratoires.

« Les enjeux climatiques s’imposent de plus en plus fortement dans la société française, conditions mêmes de pérennisation des activités humaines : alimentation, énergie, construction, mobilité, loisirs… C’est une question d’accès aux ressources et de viabilité technologique. Il est bien évident que le développement des entreprises ne pourra plus se fonder sur une énergie fossile peu chère et facile à transporter. Plus globalement la croissance économique ne pourra se faire qu’en désolidarisant sa courbe de progression de celle des émissions de carbone. Cela amène des ruptures fondamentales, avec une remise en cause des grands principes de l’économie de la fin du 20e siècle… Il faut mettre en parallèle cette nécessaire bascule vers la croissance verte avec le développement de l’économie numérique qui a transformé et va encore tout transformer, y compris les modèles économiques.

Un enjeu de création et d’innovation

La question climatique est à la fois une prise de responsabilités, et une exceptionnelle opportunité. Responsabilité bien évidemment puisque chaque organisation doit diminuer ses impacts environnementaux et prendre en compte sa place dans la société avec l’ensemble de ses parties prenantes.

Mais c’est aussi pour l’entreprise et les entrepreneurs une opportunité rare de création et de développement. Tous les territoires ont besoin dans toutes leurs activités de solutions à la fois pour continuer à améliorer les conditions de vie des populations, s’adapter aux dérèglements climatiques déjà en cours et bien évidemment réparer les conséquences des excès des générations précédentes et actuelles.

La feuille de route globale repose sur trois axes. La première est politique, nécessite une entente de tous les pays (conférences mondiales pour le climat) et la mise en œuvre d’un plan de financement vers une économie « bas carbone » des pays en voie de développement. La deuxième est liée aux changements de comportement. La troisième est bien sûr la plus motivante, celle de l’innovation.

Des marchés à la clé

Une grande partie de la solution est dans les laboratoires des centres de recherche, dans les start-up, dans les centres de R&D. Il y a et aura des marchés pour cela, et j’ai la conviction qu’il y aura des budgets d’investissement pour le green business. Et je pense, que pour la plupart d’entre nous – entrepreneurs – il y a un triple bénéfice. Le premier est la réussite financière de l’entreprise, la seconde est de démontrer qu’une idée peut se concrétiser, la troisième est l’utilité sociétale. Et je crois à ce juste équilibre. C’est lui qui fait déplacer les montagnes, convaincre les investisseurs, attirer les talents et les clients. Et ce sera la grande aventure de ce siècle…

Toutes les énergies devront être mobilisées à l’occasion de cette conférence mondiale de Paris 2015. Autour de SolutionsCOP21, événement dans le style d’une exposition universelle, qui prendra place du 4 au 10 décembre au Grand Palais, l’association pour la communication et l’information sur le développement durable (Acidd) organise une Climate Breakthrough Night. Il s’agit de partager les grandes disruptions, valoriser les innovations et ceux qui les portent, faire découvrir les meilleures start-up. Beaucoup de réseaux seront rassemblés pour cet événement, le 4 décembre 2015, à partir de 21 h.

*: Gilles Berhault est également délégué général d’Acidd fondateur de Solutions Cop21, dont GreenUnivers est partenaire média.