Ambitions mondiales pour Eren Re, qui lève 200 M€

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ErenProduire de l’électricité d’origine renouvelable, bon marché, partout où la ressource est abondante : telle est la stratégie simple en apparence d’Eren Re, cette filiale du groupe Eren fondé en 2012 par Pâris Mouratoglou et David Corchia, après qu’ils aient revendu EDF EN à EDF. Simple et très attractive, semble-t-il. Eren Re vient de lever près de 200 M€ auprès d’un consortium d’investisseurs : Bpifrance, Next World, Salvepar et FFP – les fondateurs conservent le contrôle d’Eren Re et du groupe.

Stratégie mondiale

Une première tranche de 100 M€ est d’ores et déjà tirée, la deuxième le sera à partir de fin 2016. Comme l’explique David Corchia, « on peut aller vite pour construire et développer. En Inde, par exemple, où la concurrence est déjà forte, il est souvent exigé par les autorités locales qu’il ne s’écoule pas plus d’un an entre la validation du projet et l’entrée en production de nos centrales solaires. » Eren Re veut donc percer vite et ...

partout où c’est judicieux. La stratégie est de ce fait mondiale : 200 à 250 M€ ont déjà été investis par Eren Re en Inde, dans les Dom-Tom français, en Israël, Italie, Grèce. Ce n’est qu’un début. La levée de fonds permettra de lancer plusieurs centaines de millions d’euros de projets, entre 350 et 400 M€ dès la première tranche.

En Asie du Sud Est, le développeur vise la Thaïlande et l’Indonésie (éolien et solaire). Juste avant l’annonce de la levée de fonds, Eren Re annonçait sa volonté d’y investir plus de 500 M$ (448 M€) dans les cinq prochaines années. En Afrique, des projets sont en cours en Ouganda (solaire), en Egypte (solaire et éolien) et en Afrique australe où Eren Re va fournir de l’électricité à des groupes industriels et miniers, entre autres : «  les Enr sont devenues bien plus compétitives que le fuel », fait remarquer David Corchia. Le groupe se tourne aussi vers d’autres pays fortement déficitaires en énergie le Brésil et le Chili.

Un profil qui va bien

Lancer tous ces projets supposera d’utiliser la deuxième tranche de la levée de fonds – au moins. Les partenaires investisseurs seront les mêmes et dans les mêmes proportions. Ce qui témoigne d’une réelle confiance. Pour quelles raisons ? Interrogé à ce sujet, Bpifrance en identifie quatre. 1) Le profil des responsables, Pâris Mouratoglou et David Corchia. « Leur expérience est inégalable dans leur secteur », formule José Gonzalo, directeur Mid & Large Cap chez Bpifrance Investissement et membre du comité de direction. 2) Le développement d’Eren Re dans les régions du monde où les EnR sont déjà rentables 3) Des partenaires locaux sont presque toujours associés et entrent au capital. « Cela permet d’aller vite et de résoudre rapidement certains problèmes, comme l’acquisition du foncier » précise José Gonzalo. 4) Les financements sont également en partie locaux et la dette est exprimée en monnaie du pays, ce qui limite les risques de change.

Plus EnR qu’industrie, pour l’instant

Fondé sur le concept d’économie des ressources naturelles, le groupe Eren affiche comme Janus un visage à deux faces : les activités de type industriel d’un côté et le développement éolien et solaire, de l’autre. Dans l’industrie, cinq sociétés parfois assez anciennes ont été investies: Voltalis (effacement diffus), Fafco (stockage et gestion du froid), Orège et TMW (traitement des boues et effluents industriels) et Osmos (santé des bâtiments et infrastructures, créé en 2001). Ces activités où Eren recherche une technologie disruptive représentent un chiffre d’affaires proche de 10 M€, pour un chiffre d’affaires global groupe autour de 50 M€. Elles concentrent aujourd’hui 100 M€ d’investissement. Par comparaison et avant la levée de fonds, les projets EnR, fortement capitalistiques, rassemblaient 200 à 250 M€ d’investissement. Ces derniers ont aussi pris le dessus dans l’actualité du groupe. « Les deux fondateurs sont complètement impliqués sur le développement des projets EnR. Ils ont confié les commandes de leurs participations dans l’industrie aux directions générales des sociétés » fait remarquer un observateur.

Résultat de cette marche forcée de trois années sur la planète EnR, Eren Re compte aujourd’hui un portefeuille de plus de 525 MW en exploitation ou en construction et plus de 1,5 GW en développement.

La première tranche de la levée de fonds actuelle a été souscrite à hauteur de 50 M€ par Bpifrance, 17,5 M€ par Next World, 16 M€ par Salvepar et 14 M€ par FFP. Selon le communiqué, Next World, fondée en 2008 à San Francisco et Bruxelles, s’appuie sur un capital stable pour supporter le développement de nouveaux modèles économiques liés aux technologies, à la transition énergétique et aux biens de consommation. Salvepar (Groupe Tikehau) est une holding d’investissement cotée sur Euronext Paris (compartiment B), qui est aussi investisseur dans Quadran. FFP est une société d’investissement détenue majoritairement par les Etablissements Peugeot Frères et dirigée par Robert Peugeot.