La 3ème période des CEE en pleine tourmente [1/2]

Print Friendly, PDF & Email

La troisième période des certificats d’économies d’énergie (CEE), dotée de 700 TWh cumac et entrée en vigueur le 1er janvier 2015, est-elle en train de prendre un tournant inquiétant ? Depuis quelques mois, le marché des CEE est victime de secousses. La plus alarmante pour les acteurs positionnés sur ce dispositif qui a fait ses preuves lors des deux premières périodes ? La chute du cours du certificat sur le marché secondaire, ...

passé de 3,21 €/MWh en janvier jusqu’à moins de 2,10 €/MWh fin juillet. Or, pour que les intermédiaires puissent espérer être à l’équilibre, le prix du MWh doit être au minimum de 3€. En juillet 2012, au plus haut, le cours était à 4,41 €/MWh.

La moitié de l’obligation déjà disponible

En juin, un séisme a fait dégringolé le cours sur le marché secondaire des CEE, envoyant un très mauvais signal aux entreprises éligibles. La Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a révélé que 389 TWh cumac de CEE ont déjà été déposés et validés pour la troisième période.

« Cette période a été entamée avec une avance d’environ 230 TWh cumac de dossiers délivrés ou en cours d’instruction à fin décembre 2014. Si en 5 mois, on atteint 389 TWh cumac sur 700 TWH cumac d’obligation triennale, cela signifie qu’il reste à faire 311 TWh cumac jusqu’en 2017, soit seulement 44% de l’obligation sur 86% de la période », s’inquiète un acteur. Et les obligés freinent déjà : « Certains comme Total ont fortement réduit leurs offres aux maîtres d’ouvrage », poursuit-il.

De son côté, le Conseil Supérieur de l’Energie, réuni le 22 juillet, a évalué que l’objectif de 700 TWh pourrait être atteint dans 8 mois ! En séance à l’Assemblée nationale, Denis Baupin, député EELV, a alerté Ségolène Royal sur le risque de panne du dispositif, mettant en cause « un niveau d’ambition public en décalage avec les potentiels mobilisables ». Il appelle à relever le plafond à 900 TWh cumac ou à ouvrir la quatrième période dès 2016.

« Vent de panique chez certains vendeurs »

« Le marché est déséquilibré, explique Frédéric Utzmann, président de CertiNergy, l’un des leaders des certificats d’économies d’énergie. Les prix ont décroché brutalement fin juin. La DGEC a publié des chiffres montrant qu’il y a eu beaucoup de CEE générés, ce qui pourrait être une bonne nouvelle mais le dispositif est en quelque sorte victime de son succès. » Avant d’alerter : « Il y a un vent de panique chez certains vendeurs. Aujourd’hui, il n’y a plus de cours. Les échanges se font avec des prix un peu irrationnels et volatils. »

L’année dernière, les entreprises mettaient en garde contre un objectif d’économies d’énergie trop bas, le problème désigné actuellement par tous les éligibles. Et même s’il a été légèrement rehaussé à l’automne à 700 TWh cumac sur la période 2015-2017, cela semble encore insuffisant et loin des 900 TWh préconisés par l’Ademe et espérés par le groupement des entreprises des certificats d’économie d’énergie (GPC2E).

Lire la suite de notre enquête : « Les intermédiaires en CEE menacés »