Le fonds CapAgro récolte deux assureurs et sème ses premières graines

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(Crédit : Lineazen)
(Crédit : Lineazen)

Un peu plus d’un an après son lancement, le fonds de capital-risque consacré à l’agro-industrie cherche à attirer d’autres investisseurs pour compléter son enveloppe. CapAgro Innovation a récolté jusqu’à présent 42 millions d’euros et vise 60 millions pour son closing final prévu ...

à l’automne. Lancé par deux géants de l’agro-industrie, Avril (via sa filiale de financement Sofiprotéol) et Tereos ainsi que par Bpifrance, la fonds a été rejoint en cours de route par Cacif, filiale de capital-investissement du Crédit Agricole, et par deux assureurs, Groupama et AG2R La Mondiale.

Ticket moyen d’1,5 M€

CapAgro s’intéresse aux sociétés qui démarrent leur industrialisation dans les domaines de l’agronomie, l’agriculture, l’agroalimentaire, la biomasse industrie et la biomasse énergie. Le fonds a concentré ses huit premiers investissements dans de jeunes entreprises de l’agro-business avec tout de même quatre participations dans des start-up plus cleantech : Lineazen, fabricant de caissons en bois de hêtre ou de bambou pour le bâtiment, Olygose, spécialisée dans les ingrédients-santé d’origine végétale, Force-A, jeune pousse de diagnostic des plantes et Cryolog, qui lutte contre le gaspillage alimentaire grâce à ses puces suivant la chaîne du froid.

« Nous ne faisons pas de l’amorçage mais nous prenons le risque industriel et commercial, détaille Jean-Baptiste Cuisinier, président de CapAgro et ex-membre du directoire d’AgroInvest. Nous prévoyons d’investir dans 15 à 20 entreprises par an avec un ticket au premier tour à partir de 500 000€. Mais en réalité, nous engageons plutôt entre 1 million et 1,5 million, avec la possibilité de réinvestir une ou deux fois. »

Entrée au capital « significative »

CapAgro peut entrer au capital des entreprises à hauteur de 20 à 25%, avec une limite de 10% dans un même tour : « Nous prenons une part significative pour avoir un rôle de gouvernance et de nursing mais nous ne serons jamais l’investisseur majoritaire », souligne le président du fonds. CapAgro souhaite rester au capital des sociétés entre 3 et 5 ans avec une sortie lorsque l’entreprise réalisera un chiffre d’affaires conséquent et sera suffisamment mature pour intéresser des fonds de capital-développement, des industriels ou pour envisager une entrée en Bourse.

CapAgro a reçu près de 200 dossiers depuis avril 2014. « Nous avons été surpris par l’abondance et la qualité du deal flow, cela prouve que notre constat de départ était correct : il y a un besoin en capital-risque en France dans l’agro-alimentaire », poursuit Jean-Baptiste Cuisinier. Si la grande majorité des demandes provient de l’Hexagone, le fonds regarde aussi ailleurs en Europe et plus exceptionnellement aux Etats-Unis, Brésil et Israël.

L’énergie pas encore attaquée

Mis de côté au démarrage du fonds, le secteur de l’énergie n’est pas pour autant délaissé : « Nous avons vu des dossiers dans la biomasse mais nous n’avons pas encore attaqué ce secteur car il a déjà reçu beaucoup d’investissement, explique Jérôme Samson, directeur général de CapAgro, qui a travaillé auparavant pour les fonds Sofinnova Partners puis Seventure Partners. Nous ne voulons pas y aller de façon aussi agressive que dans l’agro-alimentaire. »

En septembre 2014, le fonds s’est associé avec Biogaz Vallée pour s’assurer une expertise dans le soutien aux start-up de la méthanisation. « Plusieurs dossiers ont été étudiés mais aucun n’est au stade d’investissement », précise Jean-Baptiste Cuisinier.