Voiture électrique : Courb s’incline

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Crédit : Courb
Crédit : Courb

Ni la hausse du bonus écologique, ni l’obtention du label « Origine France garantie » n’auront suffit à assurer le succès des voitures électriques C-Zen commercialisées par le petit fabricant lyonnais Courb. Un an tout juste après avoir lancé la commercialisation de sa voiture, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. Sa recherche de fonds – entre 10 et 15 millions d’euros – n’a jamais abouti.

100 voitures vendues

Depuis le 6 mai dernier, Courb est en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois, sous le contrôle de ...

maître Robert-Louis Meynet. La société, qui compte une cinquantaine de salariés, est installée à Saint-Priest, près de Lyon, dans un bâtiment de 7.000 m² loué à Renault Trucks. Elle a livré en mars son centième véhicule C-Zen à la direction territoriale d’ERDF. A cette occasion, elle avait affiché un objectif commercial de 500 voitures vendues à fin 2015 et le double en 2016.

Coups de com’

Courb avait créé le buzz en janvier 2014 en annonçant une levée de fonds record de 10 millions d’euros sur la plateforme de crowdfunding Axiona. La récolte s’est finalement arrêtée à un million d’euros. Le PDG de Courb, Hervé Arnaud, avait alors expliqué à GreenUnivers que la véritable intention était uniquement d’attirer l’attention sur son entreprise. Il indiquait alors être en négociation avec « de gros investisseurs industriels » pour lever 10 millions d’euros…

Un marché minuscule

Malgré un succès d’estime, la voiture électrique peine encore à se faire une place dans les modes de consommation, en particulier parmi le grand public. 15 000 modèles, seulement, se sont écoulés en France en 2014, soit 0,59% du marché automobile. En attendant le déclic, beaucoup de petits constructeurs trépassent, à l’instar de Lumeneo, SITL ou encore Mia. En se concentrant sur des marchés de niche, quelques-uns parviennent malgré tout à tirer leur épingle du jeu. Ainsi, le fabricant francilien de véhicules de livraisons urbaines Muses a levé 750 000 euros à l’été 2014, abondés par un prêt de Bpifrance de 350 000 euros. De même, Goupil a sérieusement mis le pied sur l’accélérateur depuis son rachat par l’américain Polaris en 2011.