UE : un objectif pour les biocarburants de 2ème génération d’ici 2018

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Les algues, nouveau biocarburant ? (Crédit : Riposte verte)
Les algues, futur biocarburant ? (Crédit : Riposte verte)

Trois ans après les premiers débats, la directive sur les biocarburants a enfin été adoptée par le Parlement européen le 28 avril. L’accord, a minima pour de nombreux acteurs, limite le taux d’intégration des biocarburants de première génération (cultivés sur des terres agricoles) à 7% de l’énergie finale consommée dans les transports en 2020.

Le texte rechigne également à ...

accélérer le passage à la deuxième génération de produits, issus d’autres sources comme les algues ou certains déchets. Il prévoit pour eux un objectif non contraignant de 0,5%, alors qu’en 2013 les députés voulaient porter cette part à au moins 2,5% de la consommation en 2020.

Les Etats membres devront adopter la législation d’ici 2017 et fixer un objectif national pour les biocarburants de deuxième génération dans les 18 mois suivant l’entrée en vigueur de la directive.

Bataille sur la limitation des agrocarburants

Cette directive oblige aussi les fournisseurs de carburants à réaliser un rapport pour les pays de l’UE et la Commission européenne sur le niveau estimé des émissions de gaz à effet de serre liées au changement indirect de l’affectation des sols (CIAS). Les agrocarburants favorisent l’utilisation de terres agricoles pour la production de carburants à partir de maïs, colza ou encore de betteraves et au détriment des cultures vivrières.

Depuis 2009, la bataille s’est focalisée autour de la limitation de la part des agrocarburants. Initialement favorable au développement de ces nouveaux carburants, l’Europe s’était accordée sur un taux d’intégration de 10% dans la directive relative aux énergies renouvelables. Sous la pression des associations écologistes, Bruxelles a proposé de diviser par deux cet objectif en 2012. En septembre 2013, le Parlement européen avait remonté le taux à 6% puis les Etats membres se sont mis d’accord sur 7% en juin 2014.

Un plafond « résolument trop élevé »

Michèle Rivasi, eurodéputé, vice-présidente du groupe des Verts et membre de la commission environnement, a vigoureusement dénoncé une législation « loin d’être performante », qui « ne répond pas à la myriade de problèmes liés à la politique européenne en matière d’agro-carburants ». Le plafond de 7% est « résolument trop élevé. Cette politique erronée est directement responsable de la hausse des prix des aliments et de la destruction des forêts tropicales. Les législateurs ont opté pour un régime de haute tolérance », conclut-elle.

Même l’eurodéputé libéral Nils Torvalds (ADLE), rapporteur de la directive, s’est demandé si la législation était assez forte. « Nous avions des objectifs beaucoup plus élevés. Tant en termes de réductions d’émissions de gaz à effet de serre qu’en matière de progrès technologique. Si l’Europe ne va pas de l’avant, elle restera à la traîne », alerte-t-il.