Quels défis pour les cleantech en 2015 ? [Compte-rendu]

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GreenUnivers a publié hier, jeudi 2 avril 2015, l’édition 2015 de son Panorama annuel des cleantech, réalisé en partenariat avec le cabinet EY et avec le soutien de GDF Suez, BusinessFrance, HSBC, Ecosys/Cleantech Open et Demeter Partners. La conférence de présentation a été organisée au ministère de l’Economie et des Finances dans le cadre du Forum national des éco-entreprises du Pexe, introduit par Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie. Compte-rendu de table ronde qui a suivi la présentation.

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Salle comble lors de l’intervention des deux ministres, Ségolène Royal et Emmanuel Macron
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Ségolène Royal et Emmanuel Macron
Présentation du Panorama des cleantech par Patricia Laurent (GreenUnivers) et Alexis Gazzo (EY)
Présentation du Panorama des cleantech par Patricia Laurent (GreenUnivers) et Alexis Gazzo (EY)

 Start-up et grands groupes : partenaires pour l’innovation

Stéphane Queré, Directeur innovation, GDF Suez

Stéphane Quéré
Stéphane Quéré

Incubateurs, fonds corporate, concours… les grands groupes français cherchent par tous les moyens à dénicher les pépites de demain en mettant en place des stratégies dites d‘open innovation. GDF Suez mise fort sur les métiers de demain, en pleine reconfiguration de ses métiers historiques. Le groupe a ainsi lancé en octobre dernier un réseau social interne pour déceler les bonnes idées de ses collaborateurs. « 8000 personnes sont connectées et nous avons un stock de 200 idées », assure Stéphane Quéré. Ces idées sont ensuite incubées hors du groupe. C’est le cas du projet de plateforme de crowdfunding GreenChannel incubé depuis quatre mois à Paris, dans le « Village » du Crédit Agricole. A l’issue de l’incubation, les créateurs des start-up ont le choix de rester salariés de GDF Suez ou de créer leur entreprise. Dans ce dernier cas, GDF Suez se laisse la possibilité d’y prendre une participation…

GDF Suez a, par ailleurs lancé son propre fonds corporate GDF Suez New Ventures, doté de 100 millions d’euros pour investir dans des start-up prometteuses : Powerdale en Belgique, Tendril aux USA ou encore Sigfox et Redbird en France. « Il y a environ 300 start-up dans le pipe », confie le directeur de l’innovation. Le groupe vient également de créer un incubateur, dans lequel sont accueillies 5 start-up et lance ses propres appels à projets pour identifier des idées innovantes sur des thématiques structurantes.

Repère : Dossier Open innovation : sur quelles start-up misent les grands groupes ? – Janvier 2015

Olivier Duverdier, cofondateur d’Ecosys et du Cleantech Open France

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Olivier Duverdier

Olivier Duverdier est un spécialiste de l’innovation. Cofondateur d’Ecosys Group – opérateur d’écosystèmes d’innovation et de croissance pour les entreprises – il pilote également le Cleantech Open France, version française du programme mondial d’identification, d’accompagnement et de promotion des startups et PME éco-innovantes. Pour lui, « les éco-innovations se pérennisent seulement s’il y a un bénéfice client à court terme ». Et de combattre l’idée selon laquelle elles coûtent de l’argent : « Quand on aura compris que les éco-innovations, ce sont des euros pour nos entreprises, on redonnera du sex-appeal à ce secteur », prône-t-il.

Pour lui la collaboration grands groupes /start-up est primordiale : « Pour une start-up, la première référence avec un grand groupe reste très importante, même si ceux qui viennent du numérique veulent casser ces codes », analyse-t-il.

 

Table ronde animée par Nathalie Croisé, animatrice de l'émission Business Durable sur BFM Business
Table ronde animée par Nathalie Croisé

 

Des leviers de développement importants à l’international

Jean-François Goumy, chef de service Énergie, Environnement Chimie, Business France

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Jean-François Goumy

Business France est né le 1er janvier 2015 de la fusion d’Ubifrance et de l’Agence française pour les investissement internationaux. Le nouvel opérateur public poursuit sa mission d’internationalisation de l’économie française en partenariat avec Bpifrance, la Coface et l’Ademe. « Pour les entreprises des cleantech, les leviers sont très largement à l’international », commente Jean-François Goumy. « Avoir une solution différenciante est un atout fort mais un autre ingrédient de réussite à l’export, c’est aussi de jouer collectif. Les consortiums d’entreprises, petites et grandes, ont les moyens de créer de vraies plus-values à l’international », explique-t-il.

C’est l’idée de la marque Vivapolis, dévoilée en septembre 2013. Cette « ombrelle » doit fédérer l’offre française à l’export sur le marché des villes durables. Deux démonstrateurs 3D pilotés par Business France, à Santiago du Chili et Astana au Kazakhstan, sont en cours d’édification pour faciliter la compréhension des solutions françaises.

Repère : Les simulateurs de la ville durable à la française en ordre de marche – Février 2014

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Quel accès au financement ?

Olivier Dupont, Président du directoire de Demeter Partners

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Olivier Dupont

Demeter Partners se positionne comme l’une des premières sociétés de gestion européenne dans le domaine des cleantech, avec 390 millions d’euros sous gestion. Le fonds a réalisé huit nouveaux investissements et 14 refinancements en 2014. Après deux fonds de capital développement (représentant un total de 307 M€) et un d’amorçage (43 M€), le premier fonds cleantech français a lancé en début d’année son premier fonds infrastructures, doté pour l’instant de 50 millions d’euros. « Outre les énergies renouvelables, il y a beaucoup de domaines qui demandent des investissements lourds. La éenovation des bâtiments, les nouveaux transports urbains décarbonés, par exemple », explique Olivier Dupont.

Repère Quels nouveaux financements pour les projets d’énergies renouvelables ? – Conférence de mai 2014

Le fonds a accompagné plusieurs start-up en Bourse, du pionnier éolien Vergnet à Fermentalg et bientôt le développeur solaire Solairedirect qui prépare son IPO. Il s’intéresse également au crowdfunding « qui peut révolutionner le private equity « , concède Olivier Dupont. « Pour l’instant l’apport du crowdfunding dans le financement de projet EnR reste assez limité en France mais le phénomène est intéressant ».

Christine Goudout, directrice animation, développement et international pour le marché des entreprises, HSBC

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Christine Goudout

En France, HSBC est en demande de projets cleantech, un secteur dans lequel la banque est déjà très active et veut encore accélérer. En témoigne l’intervention de Christine Goudout « Venez-nous voir, exposez-nous vos projets, initiez-nous au cleantech », lance-t-elle aux entrepreneurs. La banque a formé une quinzaine de référents Pexe en France, sensibilisés aux sujets environnementaux pour accompagner les entreprises en France et à l’international. « Mais tout reste à créer » pour trouver de nouveaux outils de financements.

A une autre échelle, HSBC se positionne aussi sur le marché en plein essor des green bonds.