L’émergence des smart grids poussée par des changements structurels [1/7]

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internet-of-thingsLa révolution numérique bouleverse l’industrie de l’énergie. A la clé, du smart dans les réseaux, la maison et toute la gestion de l’énergie. L’époque est charnière avec l’arrivée des compteurs communicants et de l’effacement. Dans ce premier volet de notre dossier, GreenUnivers revient sur les changements majeurs qui poussent à mettre en place les smart grids, et les challenges en découlent.

Flexibilité, sûreté, sobriété

Les smart grids sont des réseaux d’électricité et de gaz combinant plusieurs avantages :   ...

communication en temps réel, automatisation, intelligence du pilotage, flexibilité, sûreté et sobriété. Ils visent à équilibrer plus finement l’offre et la demande d’énergie, tout en offrant des réseaux bidirectionnels pour répondre à l’arrivée du consommateur-producteur.

Parmi les catalyseurs qui poussent à ces changements :

  • Tensions sur le réseau

Déferlante des outils numériques et d’Internet, intégration des énergies renouvelables, arrivée d’une mobilité électrique, chantier des bâtiments économes en énergie, émergence des villes durables ou des territoires à énergie positive : les smart grids sont une condition préalable à l’évolution du secteur énergétique.

  • La production dans tous ses états

Avec 19,5% de la consommation d’électricité couverte par les énergies renouvelables en 2014, pour la plupart intermittentes, l’incertitude de production est croissante sur le réseau. À cela, s’ajoutent les évolutions du marché historique de l’énergie : avenir d’un parc nucléaire vieillissant et fin des surcapacités de production des énergies fossiles.

RTE (Réseau de transport d’électricité) anticipe un déficit de capacité sur la période 2015-2017, avant un retour à plus de stabilité dès l’hiver 2018-2019 (1). En d’autres termes, l’équilibre offre-demande est compromis à court terme et les scénarios prospectifs de long terme devront être affinés après la loi sur la transition énergétique et la programmation pluriannuelle de l’énergie qui en découlera.

Trois challenges

  • Le défi du changement

Les smart grids visent à transformer en profondeur l’industrie de l’énergie. Cela revient à réinventer une partie de la société. Le secteur est au centre d’une bataille politique qui accouche d’incertitudes réglementaires et de verrous juridiques. Le projet de loi sur la transition énergétique en est l’un des théâtres. Plus concrètement, ce sont aussi deux symboles : les arbitrages difficiles autour de Linky de 2010 à 2013, et la bataille sans fin sur l’effacement (conflit Voltalis-EDF dès 2009, longues tractations autour du marché de capacité et rémunération des opérateurs d’effacement). Pour les entreprises, c’est le défi de la gouvernance, entre travail collaboratif et organisation de la propriété industrielle.

  • Du Big Data au Big Brother ?

90% de l’ensemble des données numériques disponibles n’existaient pas, il y a deux ans, selon le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (2). C’est l’émergence du Big Data et son impact sur l’énergie commence (comptage, capteurs communicants sur le réseau, objets connectés chez les consommateurs, etc.). La culture de la donnée est-elle mature dans les entreprises ? Quels gains pour le consommateur et la société ? Quels risques entre confidentialité, protection des libertés individuelles et cybersécurité ?

  • L’enjeu normatif

Les travaux de normalisation des smart grids sont des chantiers importants, notamment sur le comptage évolué, les véhicules électriques et les réseaux de communication de l’énergie. Un travail est engagé par les organismes de normalisation européens CEN, Cenelec et ETSI, par exemple. Des enjeux d’interopérabilité des systèmes d’information et de standards d’échanges de données sont à régler. Les normes sont essentielles pour assurer aux opérateurs un retour sur investissement technologique.

(1) Bilan prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité en France, Édition 2014, RTE
(2) Analyse des Big Data. Quels usages ? Quels défis ?, La note d’analyse n°8, 11/2013, Commissariat général à la stratégie et à la prospective.
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