Le smart home se cherche [7/7]

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internet-of-thingsEn France, la révolution numérique est en marche et l’énergie n’y échappe pas. A la clé, du smart dans les réseaux, la maison et la gestion de l’énergie. Sur l’amont, des milliards d’euros d’investissements sont actés pour les réseaux et les infrastructures. Les précédents volets de notre dossier smart grid ont démontré l’arrivée à maturité de l’effacement, le déploiement des compteurs communicants et la mise en place d’un écosystème français, porté par des politiques publiques structurantes. En revanche, sur l’aval, la maîtrise de la demande d’énergie dans les bâtiments est encore ...

largement expérimentale. Bilan.

Un développement lent d’ici à 2020

Les planètes semblent s’aligner autour de la gestion intelligente de l’énergie dans les bâtiments résidentiels, un marché en aval du compteur. Le secteur devrait toutefois se développer lentement d’ici à 2020. Les démonstrateurs livrent à peine leurs résultats en France. Et les véritables catalyseurs sont lents à se mettre en place : compteurs communicants et tarification à la carte, hausse structurelle annoncée des tarifs de l’énergie, standards, seconde génération technologique des box énergie autour de la domotique, etc.

Domotique 2.0

Née dans les années 1980, la domotique (commande et automatisme pour l’éclairage, les ouvrants, la sécurité, l’énergie, etc.) n’est pas devenue un marché de masse. Désormais en ligne avec Internet et les objets connectés, une domotique 2.0 arrive (maison connectée, home automation, Internet des objets, Internet de l’énergie). À terme, les promesses sont nombreuses : baisse importante des consommations énergétiques, pilotage des usages (chauffage, climatisation, recharge véhicule électrique, autoconsommation solaire et stockage)… En 2015, la machine marketing est en marche, mais tout n’est pas gagné.

Trois grandes questions seront cruciales. Comment convaincre les consommateurs d’adopter les solutions ? Comment valoriser économiquement les services ? Quelle compatibilité entre toutes les technologies ?

Branle-bas de combat 

Des dizaines de marques commercialisent des solutions domotiques. Le prix des box varie entre 200 et plus de 1 000 euros en fonction des offres et des accessoires fournis. Un combat s’est ouvert entre les acteurs historiques, fabricants d’automatismes, de matériels électriques et numériques (Delta Dore, Legrand, Somfy, Schneider Electric, Sagemcom, etc.) et les nouveaux entrants. Sur les rangs, des PME innovantes (Ijenko, Actility, MyFox, M2M Solution, etc.), des opérateurs de télécommunications (Bouygues, SFR, Orange…), des géants de l’informatique (Apple, Google, Microsoft, etc.), des fabricants d’informatique, d’électroménager ou d’éclairage (Philips, Toshiba, Samsung, LG, etc.), des opérateurs d’énergie (GDF Suez Dolce Vita, EDF Edelia…), de la grande distribution (Castorama, etc.) et d’autres (HomeWizard, Fibaro, Zipato, etc.).

Et les partenariats sont légions : Castorama (Blyssbox) a été voir Avidsen et M2M ; Bouygues (Bbox) travaille avec Ijenko dont il est actionnaire ; Toshiba (Pluzzy) est lui aussi engagé avec Ijenko ; Thomson travaille avec Zipabox ; SFR (offre Home by SFR incluse désormais dans sa Box Home) a trouvé Legrand ; Sagemcom (Box InTwo) s’est allié à Myxyty, etc.

La « maison connectée » bénéficie parallèlement d’une ébullition marketing autour des acteurs du monde des objets connectés et du machine-to-machine. La start-up toulousaine Sigfox (réseau de communication pour l’Internet des objets) a fait sensation en février 2015 en levant 100 millions d’euros. Et une flopée d’entreprises tricolores a « cassé la baraque » à la grand-messe mondiale du Consumer Electronics Show de janvier 2015, aux États-Unis, qui a fait la part belle à l’Internet des objets porté par des locomotives, comme Withings, Matooma ou Netatmo, et des groupes traditionnels, comme La Poste (hub numérique et partenariat avec Archos).

Un marché balbutiant

Plusieurs éléments montrent que le marché est encore loin d’être un nouvel eldorado. Google a essuyé les plâtres avec le flop de son PowerMeter (2009-2011), mais a réalisé une opération fracassante début 2014 en rachetant Nest, fabricant américain d’un thermostat connecté intelligent et futuriste, pour 3,2 milliards de dollars. Lancé en France fin 2014, Nest semble démarrer poussivement. Pour le français Netatmo, également constructeur d’un thermostat intelligent, les signes positifs sont là même en l’absence de marché de masse. De nombreux regards se tournent aussi vers Apple, qui a annoncé la plateforme HomeKit en 2014. Mais la firme perfectionniste prend tout son temps pour la lancer.

« Le marché reste décevant par rapport à ce que les acteurs anticipaient, il y a trois ou quatre ans », avec seulement « quelques milliers d’utilisateurs » en 2013. « Il y a un foisonnement d’offres sans standard et la promesse de retour sur investissement n’est pas encore tangible », a expliqué Jean-Philippe Tridant Bel, directeur de l’activité Énergie de la société de conseil en innovation Alcimed, en marge d’une étude sur les box-énergie (1).
(1) Optimisation de l’efficacité énergétique : Le contrôle de la consommation d’énergie vis une Smart Energy Box fait-elle rêver le consommateur ?, décembre 2013, Alcimed.

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