GDF Suez en mode participatif

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CFL’énergéticien français ambitionne de lancer sa propre plateforme de crowdfunding pour financer ses projets d’énergies renouvelables. « GreenChannel », c’est son nom, est une idée de  ...

Mathieu Dancre, salarié de GDF Suez, que le groupe compte soutenir en lui apportant des projets à financer. Le projet est incubé depuis quatre mois à Paris, dans le « Village » du Crédit Agricole dont GDF Suez est partenaire. La plateforme espère obtenir son agrément de Conseiller en investissement participatif (CIP) auprès de l’AMF d’ici l’été. Elle deviendra, à terme, une filiale de GDF Suez, selon son fondateur.

Repère : Crowdfunding & cleantech : le vrai du faux – Septembre 2014

L’objectif de GreenChannel est d’offrir aux citoyens l’opportunité de prendre des participations au capital de sociétés de projets, qu’ils soient riverains ou non des futures centrales. Dans un premier temps, les projets proposés seront exclusivement ceux de GDF Suez. « Nous avons actuellement un projet photovoltaïque dont le financement est sur le point d’être bouclé et pour lequel nous testerons très prochainement GreenChannel », explique Bernard Laurent, ?Directeur général adjoint chez GDF Suez Futures Énergies. Sur son profil LinkedIn, Mathieu Dancre invite cependant les porteurs de projets extérieurs – en France, au Royaume-uni ou en Allemagne – a le contacter à condition que « la tranche du projet ouverte au crowdfunding [soit] supérieure à 100 000€ ».

GDF Suez : 10 ans d’expérimentations dans le financement participatif

Depuis dix ans, le groupe a expérimenté plusieurs modèles participatifs, et revendique actuellement 10% de ses capacités éoliennes françaises déjà concernés par du financement participatif. En 2005, le parc du Haut des Ailes (Moselle et Meurthe-et-Moselle) fut par exemple le premier parc éolien tricolore développé avec un modèle d’actionnariat local : 98 actionnaires locaux constitués en S.A.S. à capital variable ont investi 1,2 million d’euros (sur 29 millions au total) dans le parc de 32 MW.

Le groupe est également actionnaire à 49% de la société d’économie mixte Sodeger Haut Lorraine créée en juillet 2011 avec le Conseil général de Meurthe-et-Moselle ainsi que la Région Lorraine. Celle-ci a obtenu en 2014 les autorisations pour un projet de 7 éoliennes (16,8 MW) qui pourrait voir le jour en 2019.

« Peu importe l’outil de financement, du moment que l’on associe les citoyens et les territoires aux projets », insiste Bernard Laurent « car depuis deux ou trois ans, nous ressentons sur le terrain une volonté de plus en plus forte des territoires d’être partie prenante aux projets EnR ». Une volonté qui se retrouve dans le projet de loi pour la transition énergétique, de retour à l’Assemblée nationale, et dont l’article 27 encourage l’investissement participatif dans les projets d’énergies renouvelables. Pour rappel, en Allemagne près de 50% des capacités renouvelables installées depuis 2000 sont en possession de personnes privées. L’énergéticien allemand EnBW s’essaie d’ailleurs au crowdlending (prêts) depuis plusieurs mois.