EnerBee charge son microgénérateur d’énergie avec 2,5 M€

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Un prototype du microgénérateur d'Enerbee. (Crédit : Enerbee)
Un prototype du microgénérateur d’Enerbee. (Crédit : EnerBee)

La energy harvesting ou récupération d’énergie, future mine d’or ? EnerBee, start-up grenobloise officiellement créée en 2014, y croit et ses nouveaux partenaires aussi. La jeune pousse vient de récolter 2,5 millions d’euros, dont 1,6 million en capital auprès des fonds ...

 Robolution Capital et Emertec et 900 000€ en prêt bancaire auprès de BNP Paribas et Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes.

Cette première levée de fonds doit permettre à la société de renforcer la R&D pour développer ses microgénérateurs captant de l’énergie à partir de mouvements, de recruter de nouveaux salariés (au nombre de 10 actuellement) et de mettre en place la production. L’équipe de fondateurs* conserve la majorité du capital après l’opération.

Technologie de rupture

Schéma de fonctionnement du microgénérateur. (Crédit : Enerbee)
Schéma de fonctionnement du microgénérateur. (Crédit : Enerbee)

Après plusieurs années de recherche, la start-up a mis au point une technologie de rupture : son microgénérateur récupère l’énergie d’un objet en mouvement, même à faible vitesse et de manière irrégulière, afin d’assurer son alimentation. Il associe des matériaux magnétiques et piezoélectriques. « La chaîne de production d’énergie ressemble à celle d’une dynamo mais fonctionne avec des principes physiques différents puisque le microgénérateur peut générer de l’énergie même avec un mouvement lent », détaille Pierre Coulombeau. L’entreprise a déposé 5 brevets développés dans 4 établissements de la région grenobloise : le laboratoire G2Elab de l’INP Grenoble, le CEA/Leti, le CNRS et l’Université Joseph Fourier.

Phase de production d’ici à la fin 2016

La levée de fonds tout juste bouclée va financer le programme de tests, qui a déjà démarré, avec des clients, fabricants de produits ou d’objets connectés. « Elle doit également permettre d’amorcer la phase d’industrialisation dans la deuxième moitié de 2016, avec une première ligne de production à Grenoble », explique Pierre Coulombeau, le PDG d’EnerBee (et par ailleurs cofondateur d’Ideol, dont il est toujours membre du conseil d’administration).

EnerBee a l’ambition de devenir à moyen terme « un acteur de référence » dans l’autonomie énergétique des objets connectés. La start-up commercialisera son microgénérateur directement auprès des fabricants. Même si elle a commencé à générer un chiffre d’affaires, elle ne le dévoile pas, tout comme elle reste discrète sur son horizon de rentabilité. « Au fur et à mesure de la croissance, il y aura de nouveaux investissements et de nouvelles levées de fonds », précise cependant le PDG.

« Milliards d’objets cibles »

« EneerBee vise des objets de petite dimension et à basse consommation. Un très grand volume de piles peut ainsi être remplacé par une alimentation à partir du mouvement », souligne Pierre Coulombeau. A titre d’exemple, plus de 30 milliards de piles boutons sont vendues chaque année, « ce qui représente un important impact environnemental et pose la question du recyclage », fait valoir la jeune pousse.

Le microgénérateur pourra donc servir pour alimenter de façon autonome des objets connectés à internet ou communicants sans fils, comme des montres, dispositifs portables médicalisés ou sportifs, maisons et bâtiments intelligents, balise RFID, capteurs automobile, industrie, etc. « Nous sommes sur un marché avec des milliards d’objets cibles, le potentiel est très important », ajoute-t-il.

Trois marchés privilégiés

Actuellement, la start-up travaille surtout sur trois marchés, où son microgénérateur viendrait en remplacement de câbles et de piles : le contrôle d’accès (portes avec identification par badges etc.), les compteurs intelligents de gaz ou d’eau (pour alimenter le système de radio ou télérelève à partir du flux de gaz et d’eau) et les objets connectés grand public et industriels.

* Jérôme Delamare, Pierre Coulombeau, Thibault Ricard, Bernard Viala, Orphée Cugat et l’école d’ingénieurs Grenoble INP à travers sa filiale de valorisation Grenoble INP Invest.