Bornes de recharge : le projet Bolloré prend une « dimension nationale »

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(Source: Bolloré)
(Source: Bolloré)

[Mis à jour le 9 février 2015]

Le grand plan du groupe Bolloré pour faire avancer la France sur la route de l’électromobilité vient d’obtenir la bénédiction du gouvernement. Déposé en décembre sur le bureau d’Emmanuel Macron, sous le nom de code « 16K », le projet vient de recevoir l’agrément ministériel qui le déclare de « dimension nationale » (voir la publication au JO ci-dessous). Le groupe, officiellement premier opérateur national de bornes de recharge, s’engage à déployer 16 000 nouveaux points de recharge sur tout le territoire en quatre ans. Il prend à sa charge ...

les 150 millions d’euros d’investissement nécessaires. En échange, il est exonéré de la redevance d’occupation du domaine public, comme le prévoit la loi du 4 août 2014, facilitant le déploiement d’un réseau d’infrastructures de recharge de véhicules électriques sur l’espace public.

Deux vagues de déploiement

« Quel que soit l’endroit du territoire, au moins un point de charge tous les 40 kilomètres sera à la disposition des utilisateurs de véhicules électriques et hybrides », affirme le groupe dans un communiqué. Pour l’heure, la France ne compte en effet que 9 100 bornes selon l’Avere-France, dont 6 000 sont directement rattachées aux services d’autopartage du groupe Bolloré, en Ile-de-France, à Lyon et à Bordeaux.

Selon la publication au Journal officiel, la mise en place des infrastructures est prévue en deux phases d’égale ampleur s’achevant le 31 décembre 2016 pour la première et le 30 juin 2019 pour la seconde.

Charge semi-accélérée

D’un point de vue technique, Bolloré propose une puissance de charge dite « semi-accélérée » (7,4 kW). « Ce choix s’inscrit dans le respect de la transition énergétique, évitant de déstabiliser le réseau électrique par des appels de puissance trop brutaux et prolongeant la durée de vie des batteries des véhicules », explique le groupe. Les bornes seront intelligentes et connectées, munies d’écrans tactiles permettant le dialogue avec les utilisateurs.

Un centre de supervision permettra de s’abonner, connaître la disponibilité et réserver son point de charge en temps réel. Le réseau sera aussi disponible sans abonnement pour des usagers temporaires.

Les bornes seront produites dans l’usine Bolloré de Besançon (Doubs). Le reste des opérations sera regroupé sur le site Blue Solutions de Vaucresson (Hauts-de-Seine). Bolloré annonce la création de plus de 100 emplois.

Cohabiter avec d’autres projets privés et publics

La mise en œuvre se fera en concertation avec les collectivités et syndicats d’énergie, pour assurer la cohérence avec les réseaux existants ou en projet. En effet, la plupart des territoires ont d’ores et déjà déposé un projet dans le cadre des appels à manifestations de l’Ademe ou mène une réflexion approfondie. Selon le gouvernement, ce dispositif a déjà permis de financer une quinzaine de projets représentant plus de 5 000 points de charge. Il a été reconduit le 17 juillet 2014 et s’achèvera le 31 décembre 2015.

ADEME

Les projets de Bolloré devront également cohabiter avec d’autres. La Compagnie Nationale du Rhône (CNR, groupe GDF Suez) a ainsi déposé, fin décembre, un dossier en vue de créer un corridor de 23 stations de recharge rapide le long de l’axe rhodanien, alimentées par l’électricité renouvelable de son réseau de barrages hydroélectriques. Le dossier est en cours d’instruction à Bercy pour obtenir, ou non, l’agrément ministériel.

Par ailleurs, EDF a reçu le feu vert de la commission européenne pour installer 200 bornes de recharge rapide sur les autoroutes de l’Hexagone. Le projet est soutenu à hauteur de 4,5 millions d’euros par le programme européen TEN-T (Trans-European Transport Networks) et n’a donc pas vocation à demander la même reconnaissance d’intérêt national que celui de Bolloré ou de la CNR.

  • Consulter la publication au Journal officiel ci-dessous ou ici (PDF) :