Ynsect collecte 5,5 M€ et attrape un fonds asiatique

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Les différents marchés ciblés par Ynsect. (Crédit : Ynsect)

Neuf mois après sa première levée de fonds d’1,8 million d’euros, la médiatique start-up Ynsect boucle son deuxième tour et récolte 5,5 millions d’euros. Les investisseurs historiques, Demeter Partners et Emertec, poursuivent l’aventure. Un nouvel actionnaire, le fonds d’investissement singapourien New Protein Capital fait une entrée remarquée en menant le tour. Les fondateurs, Antoine Hubert, Jean-Gabriel Levon, Fabrice Berro et Alexis Angot, ...

ne précisent pas s’ils restent majoritaires au capital après l’opération.

Spécialisée dans les biotechnologies insectes, la jeune pousse francilienne créée en 2011 veut élever des insectes à grande échelle pour produire des protéines exploitables sur différents marchés, de l’alimentation animale et humaine en passant par la chimie verte.

Investissement « d’envergure » d’un fonds singapourien

Cette levée de fonds lui permet d’accéder à l’international, et en particulier au marché asiatique, grand consommateur d’insectes, avec l’arrivée d’un investisseur singapourien. Émanation d’un hedge fund, New Protein Capital, créé en septembre dernier, est « le premier fonds au monde à se spécialiser sur le marché des protéines », assure à GreenUnivers Alexis Angot, directeur administratif et financier d’Ynsect. « Cet investissement, par son envergure et par sa dimension internationale, va permettre à l’entreprise d’accélérer significativement sa feuille de route industrielle », commente Antoine Hubert, président d’Ynsect dans un communiqué.

(Crédit : Ynsect)
(Crédit : Ynsect)

Ce tour de table servira ainsi à poursuivre les investissements en R&D dans le nouveau centre de 1 700 m² au Genopole d’Evry. Baptisé l’Entoraffinerie, le pilote de bioraffinerie d’insectes a été lancé cette année, en partenariat avec plusieurs grands laboratoires (CEA, CNRS, Ifremer…). La jeune société y a testé son process : elle élève, abat puis transforme en poudre les insectes pour ses applications dans la nutrition et la chimie verte. Elle travaille principalement sur deux espèces d’insectes : la mouche et le scarabée. En 2015, elle va construire son démonstrateur, dernière phase avant l’industrialisation.

Un modèle différent de valorisation des insectes

« Il y a peu de sociétés qui comptent dans le secteur des insectes, 4 ou 5 dans le monde, explique Franck Lamy, directeur de participations chez Emertec. Généralement, les entreprises valorisent les déchets pour la nourriture de poissons. Ce qui diffère avec Ynsect, c’est qu’elle valorise des co-produits nobles avec des larves. Elle a investi en R&D dans la perspective d’industrialiser et d’optimiser la production. Elle a aussi choisi de diversifier sa gamme de produits. »

Avec cette forme d’élevage industriel, Ynsect ne risque-t-elle pas de s’attirer les foudres des défenseurs des animaux ? « Nous avons choisi des insectes grégaires, qui aiment être collés pour former une masse, répond Alexis Angot. L’insecte est peut-être le seul animal à être naturellement industrialisable. » La start-up estime que sa solution est beaucoup plus écologique que d’autres modes d’alimentation animale utilisés actuellement, surtout dans le domaine de la pêche. « Nos nutriments remplacent les farines de poissons, utilisées en élevage. »