Crowdfunding et communication [3/5]

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Venu tout droit du monde associatif et culturel, le crowdfunding ou financement participatif fait sa petite révolution dans le monde de l’entreprise. A côté des modes de financement traditionnels, il séduit de plus en plus de start-up, mais sa popularité grandissante n’efface pas les préjugés qui l’entourent. Aidés par une petite dizaine* de spécialistes, GreenUnivers a entrepris de démêler le vrai du faux en une série d’articles. Après les chiffres du financement participatif, le cadre juridique, voici le troisième volet consacré à l’engouement du grand public et à ses bénéfices pour les entreprises. ...

vrai

Le crowdfunding c’est de la com’

« Idée cool », « outil sympa », le crowdfunding a parfois les défauts de ses avantages, surtout aux yeux des investisseurs traditionnels qui se méfient de l’engouement du grand public. C’est pourtant là, dans sa capacité à mobiliser de nombreux acteurs, que se cachent les atouts du financement participatif.

  • Une meilleure acceptabilité des projets

« Pour une entreprise qui porte un projet d’énergie renouvelable, l’avantage du crowdfunding n’est pas tant au niveau des euros gagnés que des euros économisés, explique Marie-Véronique Gauduchon, directrice générale de Lumo. Le fait de laisser les riverains financer un projet augmente sensiblement son acceptabilité par la population. Et quand les locaux soutiennent un projet, les démarches pour obtenir les autorisations sont facilitées, la procédure est moins longue car le nombre de recours est moins élevé », argumente-t-elle.

En Allemagne, quelque 80 000 citoyens possèdent des parts dans des projets d’énergies renouvelables. Le Danemark est allé plus loin, en imposant depuis 2008 que 20% du capital de chaque éolienne soit détenu par des particuliers. La France, elle, commence tout juste à voir les vertus du système. Le projet de loi pour la transition énergétique et la croissance verte prévoit d’intégrer une dose de participatif dans les projets d’énergies renouvelables.

Repère : Dossier spécial : loi de transition énergétique
  • Le rayonnement par la foule, « ça vaut un commercial ! »

Selon Aymeric Barthes, PDG de la start-up toulousaine Naio technologies, qui commercialise un robot désherbeur autonome pour les petites exploitations agricoles, le principal avantage du crowdfunding, c’est le rayonnement du projet par la foule. « 100 personnes qui investissent, ce sont autant de relais pour faire connaître notre robot. Ça vaut un commercial ! », explique-t-il. L’entreprise a récolté 700 000 euros au début de l’été sur les plateformes SmartAngels et WiSEED.

  • Une influence positive sur les partenaires

« En tant que start-up, le crowdfunding nous apporte un gain en termes d’image », assure Yann Devaux, directeur commercial de Green On. L’entreprise, qui propose des services de location-vente de vélos électriques aux entreprises, a déjà levé de l’argent auprès du fonds Mobivia en 2012. Cette fois, elle souhaite récolter 300 000 euros sur la plateforme SmartAngels. « Le crowdfunding c’est l’innovation, la nouvelle économie, la modernité. Cette image rafraîchissante entraîne une meilleure médiatisation et tout ceci a une influence positive sur nos partenaires », assure-t-il. Vinci Park, partenaire de la start-up, est l’un des premiers à s’être laissé séduire…

  • Finalement un atout pour les investisseurs traditionnels

L’entreprise Exoes, spécialiste de la conversion des gaz d’échappement en énergie utile, a eu recours au crowdfunding pour la première fois en 2010, sur WiSEED. A l’époque, la plateforme ne comptait que 1 500 membres, aujourd’hui ils sont près de 30 000. En juin dernier, Exoes a recommencé et récolté deux millions d’euros pour financer la campagne de test de son système, en partie sur WiSEED mais aussi auprès de fonds d’investissement traditionnels.

Pour Arnaud Desrentes, son président, le recours au financement participatif a justement permis de rassurer et d’attirer les financeurs traditionnels. « Le crowdfunding c’est de l’argent mais aussi de la crédibilité et une campagne de communication en prime ! Pendant la recherche de fonds, WiSEED s’est chargé de relayer notre recherche auprès de ses adhérents. Et une fois que les particuliers ont fait le premier pas, les business angels et les fonds d’investissement se sont déclarés prêts à investir à leur tour. Je crois que ça les a rassurés », explique-t-il.

Dossier crowdfunding et cleantech :

* Ont participé à l’enquête de GreenUnivers :

  • Arnaud Desrentes, président d’Exoes
  • Benoît Paget, président fondateur de Canibal
  • Yann Devaux, directeur commercial de Green On
  • Aymeric Barthes, PDG de Naio Technologies
  • Marie Véronique Gauduchon, directrice générale de Lumo
  • Stéphanie Savel, PDG de WiSEED et du réseau de business angels DDIDF
  • Nicolas Lesur, président de Financement Participatif France
  • Benoît Bazzocchi, président fondateur de SmartAngels et de l’AFIP (association française de l’investissement participatif)