Voltalia veut lever près de 120 M€ pour enraciner ses éoliennes au Brésil (Premium)

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Le chantier de construction du parc éolien d'Areia Branca au Brésil. (Crédit : Voltalia)
Le chantier de construction du parc éolien d’Areia Branca au Brésil. (Crédit : Voltalia)

Comme il l’avait annoncé il y a une douzaine de jours, le développeur et exploitant de parcs d’EnR Voltalia a lancé aujourd’hui son augmentation de capital de 119 M€, pouvant être portée jusqu’à 157 M€. Pour soutenir cette opération, Voltalia se transfère aussi du marché libre au marché réglementé d’Euronext  Paris (compartiment B). La famille Mulliez, propriétaire à 92% de l’entreprise via le fonds Creadev, participe ...

à hauteur de 90 millions d’euros, soit 76% de l’offre initiale, assurant le seuil minimum nécessaire. Pour l’instant, aucun autre actionnaire ne s’est engagé à suivre. C’est la levée de fonds la plus importante pour Voltalia, supérieure à sa capitalisation actuelle, à 102 M€. La précédente collecte, en 2012, avait atteint 63 M€.

L’engagement de souscription s’étale du 24 juin au 4 juillet avec un délai de priorité pour les actionnaires, une offre à prix ouvert auprès du public et un placement global pour les investisseurs institutionnels. Les actions de Voltalia, dont le titre cotait à 0,80 € lors de sa clôture le 12 juin, seront regroupées par 10 et vendues sur le marché réglementé dans une fourchette de prix comprise entre 8,6 et 10 euros. Voltalia espère ainsi augmenter la part du flottant de manière importante, passant d’un peu plus de 7% sur le marché libre à une part estimée entre 17% et 27% après l’opération.

Un changement de dimension, de 52 MW à 363 MW d’ici 2016

Les implantations de Voltalia dans le monde. (Crédit : Voltalia)
Les implantations de Voltalia dans le monde. (Crédit : Voltalia)

Cette augmentation de capital accompagne un changement de dimension. Voltalia va multiplier par 7 sa capacité installée, passant d’un parc d’EnR de 52,2 MW en 2013 à 363,2 MW mi-2016. Le développeur multi-énergies a surtout besoin de fonds pour financer ses projets éoliens au Brésil (291 MW) et, dans une moindre mesure, en France (20 MW). « La situation est très favorable au Brésil, souligne Sébastien Clerc, directeur général de Voltalia. Grâce aux alizés, un vent qui souffle de façon régulière, une éolienne au Brésil produit deux fois plus qu’une éolienne en Europe. » L’éolien est très compétitif, à 40€/MWh. Mais les projets au Brésil ont besoin de davantage de fonds propres, entre 30% et 40%, contre une moyenne de 20% en France.

Au-delà de cette première vague de parcs, Voltalia veut engager d’autres projets, à hauteur d’1 GW de puissance installée d’ici 2025. De nouveaux contrats, représentant 32 MW en France et 102 MW au Brésil, ont d’ores et déjà été remportés. « S’il n’y a pas d’autres constructions, le Brésil constituera une part majoritaire, les 3/4, de nos parcs, reconnaît Sébastien Clerc. Mais, d’autres projets se font pour qu’il n’y ait pas de déséquilibre. »

Un CA prévisionnel de 130 M€ en 2018

Le développeur a choisi de se positionner sur des marchés où la croissance est forte : en France, sur le solaire et l’éolien, en Guyane, sur la biomasse, au Brésil sur l’hydroélectricité et l’éolien. La Grèce, où Voltalia développe 4,7 MW de solaire et d’éolien, n’est pas une priorité. « Nous aurions pu construire beaucoup plus mais nous sommes arrivés au début de la crise et j’ai choisi de ne jamais exposer plus de 10% de Voltalia tant que le pays est en crise », détaille Sébastien Clerc.

Avec la mise en route de ses centrales et la vente d’électricité, Voltalia espère pouvoir autofinancer son développement à l’horizon 2016-2017. Le CA (18,6 M€ en 2013) devrait atteindre 130 M€ en 2018. Bien que le marché des EnR se structure, le développeur multi-énergies veut rester en-dehors : « Il peut y avoir des acquisitions mais ce n’est pas dans notre ADN », assure Sébastien Clerc.