Smart cities : IBM industrialise ses solutions (Premium)

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OptimodLyonLe marché des smart cities représenterait 1500 milliards de dollars d’ici à 2020 et 3300 milliards d’ici à 2025, d’après une étude du cabinet de conseil en stratégie Frost & Sullivan. C’est dans le segment de l’énergie que la croissance serait la plus forte, en progression annuelle de 25% de 2012 à 2020.

« D’ici là, on ne parlera peut-être plus de « ville intelligente », qui est beaucoup plus que la « ville numérique » dont on a parlé pendant des années, et sans quoi on ne peut pas imaginer de « ville durable, reconnaît Philippe Sajhau, vice président smarter city d’IBM. Mais c’est un gigantesque marché, et non une simple mode », affirme-t-il.

Un marché que le géant américain compte bien exploiter. Depuis des années, IBM met en place dans des villes du monde entier des projets pilotes ...

dans l’eau, l’énergie ou les transports, en collaboration avec les collectivités et les entreprises de ces différents métiers.

2500 projets développés dans le monde entier

A Rio, aujourd’hui placée sous les feux des projecteurs pour cause d’ouverture de la Coupe du monde de football (et qui doit également accueillir les Jeux Olympiques de 2016), IBM a installé un système initialement destiné à prédire 48 h, voire 72 h à l’avance, les risques de fortes précipitations, qui peuvent être suivies de glissements de terrain parfois dramatiques. Mais in fine, le centre de pilotage de la ville  est également utilisé à des fins de sécurité et pour fluidifier les transports. « Ce centre permet à 30 organisations de la ville de travailler en temps réel », précise Philippe Sajhau.

A Lyon, dans le cadre du projet Optimod, on prédit le trafic urbain à une heure. Cette solution est destinée au back-office, mais IBM a également mis en place avec Transdev, une plateforme intermodale pour aider les citoyens à construire leur itinéraire ; sur le plan de la logistique, « smart delivery » est un système d’allocation de tournées dynamique, permettant au PC routier de guider les transporteurs.

A Montpellier, ce sont des solutions de correction de fuites et de sécurité hydraulique qui ont été construites en collaboration avec l’agglomération et la ville…

Au total, 2500 projets ont ainsi été développés de par le monde.

Une plateforme et 3 logiciels pour l’eau, le trafic et la gestion des situations d’urgence

Mais aujourd’hui, IBM n’est plus dans le sur-mesure, et annonce l’industrialisation de ses solutions : une plateforme baptisée « intelligence operation center », et trois logiciels pour mieux gérer l’eau, le trafic et la gestion des situations d’urgence. Un quatrième sera bientôt lancé dans le secteur de l’énergie, pour permettre à des quartiers ou des régions entières de devenir à certains moments autonomes en énergie. Surtout, il a pour objectif de faciliter la tâche à des collectivités locales dont les compétences en matière d’énergie doivent être élargies dans un avenir proche, ainsi qu’aux acteurs de l’effacement électrique. Il est d’ores et déjà utilisé dans le cadre d’un projet déployé dans une zone quasi-insulaire du Japon.

A l’inverse de ce qui existe aujourd’hui et que proposent des acteurs tels que Schneider Electric, Cofely Ineo ou Siemens, la plateforme « intelligence operation center » d’IBM récupère toutes sortes de données (vidéos, réseaux sociaux, informations fournies par les citoyens), de façon transverse et non en silos par métier. Après les avoir filtrées, normalisées, traitées, corrélées entre elles, elle permet d’établir des schémas prédictifs, une offre aujourd’hui unique, affirme IBM.

« La richesse des usages va se créer via les start-up qui vont s’y greffer, ajoute encore Philippe Sajhau. La co-production entre citoyens et start-up sera déterminante. »

120 plateformes déjà vendues, pour un chiffre d’affaires non dévoilé

Les solutions proposées par IBM doivent permettre d’améliorer la vie des gens, d’apporter de nouveaux usages et, surtout, d’aider les villes à restreindre leurs dépenses, notamment en rémunérant leurs prestataires sur la base des services réellement rendus. Mais pour être exploités au maximum de leurs capacités, ces outils impliquent une gouvernance transverse au sein des collectivités. « Il y a un enjeu autour de la formation et la compétence des élus », reconnaît Philippe Sajhau.

Si IBM se refuse à communiquer quelque objectif chiffré que ce soit pour son offre « smarter city », ou même le chiffre d’affaires que représentent les 120 plateformes déjà vendues, Philippe Sajhau cite, comme investissement moyen d’une collectivité pour un contrat de 4 ans, une enveloppe d’une dizaine de millions de dollars tout compris, au-delà de la seule rémunération d’IBM. Et l’entreprise commercialise aussi sa plateforme à d’autres clients que les collectivités. Airbus, par exemple, a été séduit par les capacités prédictives de l’outil pour son activité après-vente.