Les faits marquants de 2013 dans le green business

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Alors que l’année se termine, GreenUnivers revient sur 11 événements qui ont marqué le green business en 2013.

 

energies renouvelables  Énergies renouvelables

 

– Coup de balai dans l’éolien français

Paralysé depuis plusieurs années par un empilement complexe de règles et de contraintes administratives,  et surtout par le litige sur la légalité du tarif d’achat, l’éolien terrestre français est exsangue : les deux fabricants de mâts Siag et Céole ont été sauvés de justesse par le groupe Gorgé et réunit au sein de Francéole. Concernant les turbiniers, Alizéo a disparu et Vergnet se redresse difficilement, en misant sur l’hybride.
Malgré tout, des améliorations importantes devraient relancer la dynamique en 2014. Très vraisemblablement, l’arrêté tarifaire de 2008 qui fixe le mécanisme de rachat de l’électricité d’origine éolienne sera déclaré illégal par le Conseil d’État. Mais le dossier de notification d’un nouvel arrêté tarifaire est en cours d’analyse par la Commission européenne, qui a promis de se prononcer au premier trimestre 2014, ouvrant la voie à un rétablissement rapide de la situation.
Par ailleurs, certains groupes français tirent leur épingle du jeu à l’export : Alstom au Brésil, EDF aux États-Unis par exemple.

– Les énergies marines en ébullition

En 2013, l’État a lancé le premier AMI (appel à manifestations d’intérêt) pour l’installation de fermes pilotes hydroliennes au large du raz Blanchard (Manche) et dans le passage du Fromveur (Finistère). Les zones concernés présentent un potentiel fort et les candidats sont nombreux.
Dans l’éolien offshore, une filière tricolore se structure peu à peu en prévision de l’installation, à partir de 2017, des quatre premiers parcs offshore alloués par appel d’offres en 2012. Par ailleurs, la Commission de Régulation de l’Énergie a recueilli en novembre les dossiers de candidatures de deux consortiums (seulement) pour l’établissement de deux autres parcs éoliens au large du Tréport (Haute-Normandie) et des îles d’Yeu et de Noirmoutier (Pays de la Loire). Enfin, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, a promis le lancement d’un troisième round en 2014.

Repère : Les projets d’énergies marines renouvelables en France – Novembre 2013

– Le marché solaire français désespère

Les mauvaises nouvelles se sont accumulées tout au long de l’année : le site Bosch de Vénissieux peine à trouver un repreneur, Solarezo a disparu, Tournaire a jeté l’éponge et Solairedirect licencie… Tout récemment, le ministre de l’Écologie a voulu rassurer la filière en annonçant l’octroi de 800 MW de puissance annuelle par appel d’offres jusqu’en 2017. Pour les acteurs, ce geste n’efface pas le manque d’engagement  global de l’État français sur le long terme.
Seule solution pour se développer : jouer la carte de l’international, car si le marché français déprime, le marché mondial lui affiche de belles couleurs, tiré notamment par le Japon, les États-Unis et la Chine.

Repère :Enquête solaire : la filière ne croit plus aux promesses -Octobre 2013

– L’américain SolarCity triomphe

Le numéro un de l’installation de toits solaires aux États-Unis connait une croissance spectaculaire. Il affirme signer avec un nouveau client toutes les cinq minutes, n’hésite pas à faire de la croissance externe et vise 6 GW de puissance installée dans les 5 ans. Depuis son IPO de 2012, le cours de l’entreprise a bondi de 625% !

 

Vehicule electrique  Ecomobilité

 

– Le véhicule électrique en panne

2013 a été l’année des espoirs déçus dans l’écomobilité. Renault en a fait l’amère expérience : sa Zoe, lancée à grands renforts de communication, n’a pas rencontré le succès espéré. Et 2013 a été marquée par les difficultés de nombreux constructeurs indépendants, comme Lumeneo et Mia Electric.

– Bolloré fait un tabac

Devenu le champion de l’autopartage de voitures électriques grâce au succès d’Autolib’ en Ile-de-France, l’industriel exporte son modèle dans d’autres villes françaises (Bordeaux, Lyon) et étrangères (Indianapolis). Il a réussi l’introduction en Bourse de sa filiale dédiée au stockage d’énergie Blue Solutions, et signé un beau contrat pour recharger les véhicules électriques de la ville de Londres : il va y gérer 1 400 bornes dès 2014 et espère en installer 6 000 à moyen terme.

 

led-3  Efficacité énergétique

 

– Les LED ont le vent en poupe

Le marché de l’éclairage subit une véritable révolution avec la montée en puissance des LED. Plusieurs sociétés françaises espèrent tirer leur épingle du jeu dont l’ambitieuse Lucibel qui multiplie les levées de fonds pour financer ses développements ou la start-up Aledia qui exploite une technologie de rupture issue des laboratoires du CEA.

– Des avancées dans les compteurs intelligents

Après des mois d’enlisement, le compteur électrique communicant Linky a franchi une nouvelle étape en octobre avec la publication par ERDF du cahier des charges pour la fabrication des composants. Cet appel d’offres concerne la première vague de 3 millions de compteurs Linky qui devront être déployés d’ici à 2016. L’objectif étant d’installer 35 millions de compteurs d’ici à 2020.
De son côté, GRDF a composé l’équipe qui l’accompagnera dans l’élaboration et le déploiement de son compteur à gaz communicant, Gazpar, dont 11 millions d’exemplaires doivent être installés à terme dans les foyers français. Le groupe recherche actuellement les industriels qui fabriqueront les compteurs, les modules radio et les concentrateurs. L’appel d’offres a été lancé fin mai et les lauréats seront connus en février 2014. Entre-temps, le gouvernement à donné son feu vert « sur le principe » du déploiement du compteur. Le déploiement effectif des compteurs devrait se dérouler entre 2015 et 2022 pour un montant estimé à 1 milliard d’euros.

 

chimie verte  Chimie verte

 

– Des flots d’argent pour les start-up

Les jeunes sociétés françaises de la chimie verte séduisent les investisseurs : le spécialiste des microalgues Fermentalg a levé 12 millions d’euros auprès notamment du fonds Ecotechnologies de l’Ademe géré par Bpifrance, Global Bioénergies, qui développe des procédés de production biologique d’oléfines gazeuses, a collecté 23 millions en Bourse et Carbios plus de 13 millions lors de sa récente IPO.

 

site-debat-transition  Transition énergétique

 

– En France, la transition bon gré, mal gré

Volontariste dans ses discours, l’État français reste terriblement frileux dans les faits. En guise d’actions, le gouvernement crée des instituts, promet des consultations, fait du saupoudrage d’annonces…
La loi de programmation de la transition énergétique prévue pour la fin de l’année a été repoussée aux calendes grecques et la consultation qui vient d’être lancée sur les pistes d’évolution des mécanismes de soutien aux énergies renouvelables ne laisse personne dupe : la Commission européenne esquisse déjà de son côté les préconisations qui prendront un caractère contraignant avant 2015, selon les experts. La France risque donc de revoir très rapidement sa copie.

– Malgré les difficultés, l’Allemagne garde le cap

Au cœur des débats pendant la campagne électorale, la transition énergétique coûte cher à l’Allemagne et provoque des dysfonctionnements comme la fermeture des centrales au gaz et le recours accru au charbon. Mais si le nouveau gouvernement de grande coalition compte bien remettre de l’ordre et revoir le financement, pas question de renoncer. Il veut donner un « nouveau départ » à la transition énergétique et n’attendra pas que ses voisins européens lui emboîtent le pas pour avancer.