Angela Merkel laisse la transition énergétique aux sociaux-démocrates

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Bundeskanzlerin Angela Merkel: Unterzeichnung des Koalitionsvertrages im Paul-Löbe-Haus 2013
De gauche à droite : Sigmar Gabriel (SPD), Angela Merkel (CDU), Horst Seehofer (CSU)
Photo : Bundesregierung/Bergmann

[Réactualisé le 18.12.2013]
Près de trois mois après la réélection triomphale d’Angela Merkel pour un troisième mandat à la tête de l’Allemagne, le pays a enfin un nouveau gouvernement issu de l’accord de coalition durement négocié entre le parti majoritaire des chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates du SPD. A la surprise générale, la chancelière abandonne l’entière conduite de la transition énergétique – sujet phare des quatre prochaines années – aux socialistes.

Le président du SPD hérite de l’Energie

Sigmar Gabriel
Sigmar Gabriel

C’est le président du SPD, Sigmar Gabriel, qui hérite du portefeuille stratégique cumulant Économie et Énergie avec des prérogatives considérablement élargies en matière d’Energiewende. Son ministère sera désormais en charge de la transition énergétique dans son ensemble, et non plus seulement de la gestion des réseaux. La charge en incombait jusqu’ici principalement au ministère de l’Environnement.

En laissant Sigmar Gabriel presque seul maître à bord, Angela Merkel manifeste sa confiance renouvelée à celui qui fut son ministre de l’Environnement pendant la première grande coalition de 2005 à 2009. Malgré les différences politiques, la chancelière et son numéro deux ont la réputation de bien s’entendre.

Sigmar Gabriel succède au libéral Philipp Rösler, qui, au cours de sa mandature, était plutôt enclin à défendre la compétitivité des entreprises allemandes que la transition énergétique.

Un Vert en charge de la transition énergétique

L’élu vert Rainer Baake, fait une entrée surprise au gouvernement, au poste de secrétaire d’État chargé de la politique énergétique. Économiste de formation, c’est lui qui a négocié en 2000 la première décision de sortie du nucléaire sous le gouvernement du chancelier Gerhard Schröder. Secrétaire d’État au ministère de l’Environnement de 1998 à 2005, il a ensuite continuer d’infléchir la politique énergétique du pays en créant son think tank « Agora Energiewende ».

Le ministère de l’Environnement perd ses prérogatives

Barbara Hendricks
Barbara Hendricks

Le ministère de l’Environnement se voit, en revanche, dépossédé de ses prérogatives, même si la politique en matière d’Energiewende devra toujours être approuvée par la nouvelle ministre sociale-démocrate, Barbara Hendricks.

L’ex-trésorière du SPD succède au conservateur Peter Altmaier, qui a mené tant bien que mal le dossier de la transition énergétique, en dépit de désaccords récurrents avec Philipp Rösler. Peter Altmaier laisse l’image d’un fervent partisan de la collaboration franco-allemande – et européenne – en matière de transition énergétique ; dossier qu’il défendait d’une même voix avec son homologue française, l’ex-ministre de l’Écologie, Delphine Batho.

Repères :

Selon l’accord de coalition signé fin novembre entre les deux partis gouvernementaux, les énergies renouvelables devraient rapidement être mises à la diète, afin de maîtriser les coûts de la transition énergétique. Seul l’éolien offshore devrait être épargné par la vague de rigueur qui approche.

Repère :

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A consulter aussi :

Dossier spécial Allemagne