Biométhodes va construire sa bioraffinerie pilote aux Etats-Unis (Premium)

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BiomasseSpécialisée dans la production de biocarburants de nouvelle génération, Biométhodes devrait profiter d’un contexte porteur : les eurodéputés viennent juste de voter des mesures pour limiter  la production d’agrocarburants de première génération – qui entrent en concurrence avec la production de denrées alimentaires – et accélérer le passage aux nouvelles générations à partir de la biomasse non alimentaire. Mais en attendant, c’est ...

aux Etats-Unis, à Norton (Virginie), que la société d’Evry (Essonne) va ouvrir une première unité pilote, via une filiale baptisée OptaFuel, véritable test grandeur nature pour le développement d’une raffinerie de biocarburants de nouvelle génération.

D’abord prévu en France, le projet de bioraffinerie de Biométhodes a été arrêté par manque de soutien. « L’État de Virginie nous a contactés avec une proposition d’implantation. C’est un État recouvert de forêts où l’industrie du bois est en crise. Ses responsables ont été intéressés par notre technologie pour redynamiser l’industrie forestière grâce à une bioraffinerie », explique Romain Fouache, vice-président de Biométhodes.

Un projet ambitieux de 24 millions de dollars financé de moitié par la Tobacco Commission de Virginie. Le reste ayant été obtenu par le biais de family offices.

Début de commercialisation espéré en 2016

Le procédé développé par Biométhodes combine un prétraitement chimique de la biomasse lignocellulosique et l’action d’enzymes issues de sa plate-forme propriétaire. Il permet de transformer la biomasse non-alimentaire en biocarburants, produits chimiques et biomatériaux. « Nous utilisons de manière optimale les molécules présentes dans le bois, la paille et les déchets végétaux pour en tirer un biocarburant qui se substituera au pétrole », poursuit Romain Fouache. La mise en service est prévue pour début 2014. Si les tests sont concluants, OptaFuel devrait devenir la première unité de production commerciale de Biométhodes, dont le premier chiffre d’affaires devrait arriver d’ici à 2016 sur un marché attendu en forte croissance.

Depuis sa création en 1997, Biométhodes a levé environ 10 millions d’euros auprès d’actionnaires privés et de fonds d’investissement. Ses principaux actionnaires sont Qualis et Sochrastem. Elle a aussi obtenu 4 millions d’euros de financement public, auprès notamment d’Oséo pour développer et industrialiser des enzymes destinées aux bioraffineries de deuxième génération.

Implantée au Génopole d’Evry, l’entreprise est dirigée par Gilles Amsallem et emploie 32 salariés, dont 20 aux Etats-Unis. Biométhodes a d’abord développé une plate-forme technologique dédiée à l’amélioration des protéines à usage industriel et thérapeutique. En 2007, elle a réorienté son expertise vers l’énergie et la chimie vertes. Mais plutôt que de focaliser ses recherches sur l’éthanol issu de la biomasse alimentaire, la société choisit de valoriser les résidus ligno-cellulosiques d’origine agricole et forestière.

Baptiste Pourquery de Boisserin