Avec ses microalgues prometteuses, Fermentalg séduit de nouveaux investisseurs (Premium)

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Fermentalg©
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Après avoir annoncé son intention de s’introduire en Bourse en juin 2012, la star française des microalgues Fermentalg a finalement renoncé et vient de boucler un troisième tour de table auprès de fonds d’investissement. Elle collecte 12 M€, dont ...

4,6 M€ apportés par le Fonds Ecotechnologies, géré par Bpifrance pour le compte de l’Ademe (lire encadré plus bas), aux côtés des fonds Irdi et Viveris Management. Les investisseurs historiques – Emertec Gestion, Demeter Partners, ACE Management (Atalaya), Picoty Algo Carburant et Sofiprotéol – ont suivi ce nouveau tour destiné à financer le déploiement des procédés de production à l’échelle industrielle.

A l’issue de cette opération, les trois nouveaux actionnaires se répartissent 15% du capital, les fonds historiques gardent 56%, le management et les salariés 25% et les industriels 4%. Fermentalg avait déjà levé 2,2 M€ en 2009 puis 5,3 M€ en 2010. Fin 2011, le capital de la société était détenu principalement par le fondateur Pierre Calleja (19,68%), le fonds Emertec (32,65%) et Demeter Partners (23,95%).

Technologie de rupture

Fondée en 2009 à Libourne (Gironde), Fermentalg a développé une technologie propriétaire de rupture pour la culture des microalgues, par hétérotrophie et surtout mixotrophie, dite de quatrième génération. Les algues, cultivées dans un fermenteur, sont soumises à des flashs lumineux pour activer leur capacité à grandir. « Nous sommes leader mondial sur cette technologie, affirme Pierre Calleja, fondateur et PDG de l’entreprise. Sa force, c’est sa capacité à produire à l’échelle industrielle un très grand nombre de molécules d’intérêt ». Des hauts rendements qui doivent lui permettre de creuser l’écart avec ses quelques concurrents dans le monde dont les américains Solazyme (un temps allié à l’industriel français Roquette) et Martek (racheté par DSM) ou le japonais Nisshin Ollio.

Les débouchés sont potentiellement gigantesques sur de multiples marchés : nutrition (production d’EPA, DHA…), alimentation animale, santé/cosmétiques, chimie verte, voire à plus long terme biocarburants. Après plusieurs années de R&D, Fermentalg est aujourd’hui en phase de pré-industrialisation.

Pour l’exploitation industrielle, l’entreprise a choisi un modèle qui plaît aux investisseurs : la création de joint ventures avec des grands groupes et des accords de licences. Ce qui réduit les risques financiers pour la jeune société et lui apporte un soutien précieux pour accéder rapidement aux différents marchés. En 2011, elle a ainsi monté une première joint venture pour produire des huiles à partir de ses microalgues avec le groupe Sofiprotéol (marque Lesieur, notamment) dont elle possède 30% du capital. « D’autres accords ont été signés avec de très grands industriels réalisant tous plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires », indique Pierre Calleja, mais les noms de ses partenaires restent confidentiels.

La Bourse plus tard ?

La montée en puissance de Fermentalg, qui pour l’instant ne génère que de modestes revenus de licences et n’est donc pas profitable, nécessitera d’autres levées de fonds. « Nous n’excluons pas la Bourse, mais nous y avons renoncé en 2012 après avoir déposé notre document de référence à l’AMF en raison des conditions de marché, alors trop difficiles », indique Paul Michalet, le directeur finance et business développement.

5e investissement pour le fonds Ecotechnologies

Fermentalg est le cinquième investissement réalisé par le fonds Ecotechnologies de l’Ademe, issu du programme des Investissements d’avenir, en un peu plus d’un an. Doté de 150 M€, ce fonds géré par Bpifrance a ainsi engagé près de 20 millions d’euros :
3 M€ dans Actility (smart grid) – octobre 2012
5 M€ dans McPhy (stockage d’énergie) – janvier 2013
2 M€ dans Ijenko (smart grid) – février 2013
4 M€ dans Coldway (efficacité énergétique) – juin 2013
– 4,6 M€ dans Fermentalg – septembre 2013