Pâris Mouratoglou devient le premier actionnaire de TMW (Premium)

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img1TMW, la PME angevine spécialisée dans la désalinisation et le traitement des effluents, vient de lever 2 M€, plus que les 1,7 M€ collectés en trois tours de table depuis 2010. Eren Groupe, ...

la holding de l’ancien fondateur et président du conseil d’administration d’EDF EN Pâris Mouratoglou, s’offre 30% du capital. Cet actionnaire de renom, entré comme minoritaire en 2008, apporte aux dirigeants de TMW beaucoup plus que les 800 000 € qu’ils recherchaient initialement. Il est le seul à réinjecter des fonds. Le reste de l’actionnariat, qui regroupe une trentaine d’investisseurs particuliers dont les 8 actionnaires historiques de l’entreprise, s’en trouve donc dilué selon une ventilation confidentielle. Au total, la société a levé près de 8 M€ depuis sa création en 1999.

Une visibilité sur 2 ans

« Grâce à cette levée de fonds, la pérennité et le développement de la société sont assurés, quel que soit l’évolution de la situation commerciale à court terme », explique Thierry Satgé, directeur général de TMW depuis 2011. « L’objectif de cette collecte est identique à celui de la précédente : industrialiser et commercialiser nos solutions, sauf que nous mènerons ces actions de manière beaucoup plus rapide », poursuit-il. Concrètement, l’entreprise compte disposer d’une capacité de traitement comprise entre 200 000 et 240 000 m³ d’ici à 3 ans. Dès l’année prochaine, TMW espère s’appuyer sur une trentaine de collaborateurs, contre 16 aujourd’hui.

Mouratoglou, actif dans les cleantechOutre sa montée au capital de TMW, Pâris Mouratoglou est récemment devenu actionnaire du spécialiste de l’effacement diffus Voltalis, qu’il a repris en main avec son ancien bras droit d’EDF EN, David Corchia. Il a les moyens d’investir : il a revendu en 2011 les 25% qu’ils détenaient dans EDF EN à EDF pour 600 millions d’euros, payés en partie en actions, et est l’une des plus grosses fortunes professionnelles de France.

Après un chiffre d’affaires d’1 M€ en 2012, l’entreprise, dont l’ancien DG Antoine Gourdon nous annonçait viser l’équilibre pour 2013, ne communique pas sur l’exercice 2013 : « Une projection de chiffre d’affaires pour cette année ne serait pas représentative de notre activité. Nous fonctionnons sur un système locatif qui ne portera ses fruits que dans quelques années », affirme Thierry Satgé.

La désalinisation et le traitement des effluents

TMW est née en 2010 de la fusion de 3MW et TET, deux entreprises “soeurs” respectivement créées en 1999 et en 2003 par l’ingénieur Jean-Paul Domen. La première développe une technologie de désalinisation basée sur la reproduction du cycle naturel de l’eau et la deuxième travaille sur une gamme d’échangeurs thermiques, des appareils permettant de réguler la température d’un liquide, ici de l’eau. Grâce à ces technologies qui se combinent dans une sorte d’armoire alimentée par des énergies renouvelables ou de la chaleur industrielle récupérée (voir schéma en bas de page), l’entreprise est présente sur deux fronts : la désalinisation et le traitement des effluents.

Le marché B2B des PME en Europe

TMW s’est attaquée au traitement des eaux et des effluents à partir de 2011. Elle se positionne à court terme sur le marché B2B en France et en Europe, notamment en Allemagne pour le traitement des eaux de surface. Sa solution Ecostill équipe actuellement une dizaine de clients européens dont l’usine bretonne de Canon. Avec une armoire capable de traiter jusqu’à 1000 litres d’eau par jour, la société vise en priorité les PME aux besoins en traitement d’eau limités, comme nous l’expliquait Axel de Beaufort, coordinateur marketing et business development, en janvier dernier.

L’entreprise regarde également de l’autre côté de l’Atlantique notamment aux Etats-Unis pour proposer sa solution sur le marché du traitement des eaux utilisées pour l’extraction des gaz de schiste.

Une offre de désalinisation pour les pays du Golfe

Dans la désalinisation, son domaine d’origine, TMW propose une solution dénommée Aquastill. A sa commercialisation, la stratégie était simple : répondre à des marchés internationaux, hors Europe, dans des zones en situation de stress hydrique comme les pays du Golfe. Une stratégie plus difficile qu’il n’y paraissait, notamment à cause des volumes à traiter. « En Arabie Saoudite, 22 milliards de m³ sont pompés des nappes phréatiques à 3 km de profondeur et 5 milliards proviennent de l’eau de mer. Le pays veut inverser cette tendance, ce qui représente des volumes très difficiles à traiter et pour lesquels notre technologie n’est pas adaptée », explique le DG de TMW. Pour mieux sonder ces marchés et viser des clients correspondant aux services qu’elle propose (particuliers, hôtels, dispensaires, petites communautés), l’entreprise a ouvert en janvier 2013 un bureau à Dubaï.

Schéma des solutions TMW : Aquastill à gauche, Ecostill à droite.
Schéma des solutions TMW : Aquastill à gauche, Ecostill à droite.

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