Paris lance le premier cadastre solaire de France (Premium)

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Imitant Bristol et Munich, Paris lance son cadastre solaire. Première initiative du genre en France, elle permet aux habitants de la capitale de consulter le potentiel d’ensoleillement de leur toiture. Une plateforme web dédiée a été mise en ligne ce matin et devrait contribuer à ...

l’atteinte de l’objectif, fixé par le Plan Climat Energie de la ville : 25% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici à 2020 en favorisant les installations de panneaux solaires.

Impressions d'écran du site  du cadastre solaire de la Mairie de Paris
Impressions d’écran du site du cadastre solaire de la Mairie de Paris

31 millions de m² de toits cartographiés

La plateforme web couvre 120 000 bâtiments dits « ensoleillés », soit plus de 31 millions de m² de toits, et classe les toitures selon une échelle allant du bleu (potentiel défavorable : 0 kWh/m²/an de surface d’ensoleillement) au rouge (potentiel le plus favorable : 1200 kWh/m²/an). Après 18 mois de recherche, cette cartographie permet de matérialiser les taux d’ensoleillement annuels moyens sur la période 2005-2010 fournis par Météo France.

Les internautes peuvent y consulter trois types de cartes : la vue aérienne, la version moyennée et la détaillée (voir impressions d’écran ci-contre). « Pour gagner en précision, la Mairie de Paris a travaillé avec l’Atelier parisien de l’urbanisme qui a remodélisé en 3D la carte pour prendre en compte les effets d’ombre sur le taux d’ensoleillement », explique Yann Françoise, responsable Climat Energie à la Mairie.

Un dispositif incitatif

Même si la géothermie reste la source d’énergie renouvelable la plus prometteuse pour la capitale, Paris dispose d’un important gisement solaire à exploiter avec 6,9 millions de m² de toits recevant plus d’1 MWh par m² et par an. Le cadastre solaire n’a pas une simple vocation informative : « L’objectif de cette démarche est d’inciter les Parisiens à entreprendre l’installation de panneaux solaires. Le site renvoie d’ailleurs vers l’Agence parisienne du Climat en mesure d’accompagner un propriétaire ou un syndic dans sa démarche », ajoute Yann Françoise.

La réalité se rapproche plus des 300 à 400 000 m² exploitables : « Il faut toujours ajouter une décote d’environ 80% liée à la surexploitation des toits parisiens encombrés par des canalisations, des systèmes de ventilation, de climatisation, sans compter les bâtiments faisant partie du patrimoine architectural national et donc très protégés », affirme le responsable climat. Sans compter que les tarifs d’achat les plus intéressants concernent les installations intégrées à la toiture, les plus coûteuses et les plus complexes.

Une grande marge de progression

A l’heure actuelle, la ville de Paris compte 27 000 m² d’installations solaires dont 53% de solaire thermique et 47% de photovoltaïque, notamment grâce aux récents travaux de la Halle Pajol (3500 m²) et du stade Jean Bouin (2800 m²).

Il s’agit cependant d’estimations étant donné l’absence d’obligation de déclaration pour les installations solaires thermiques. Ces dernières, capables de couvrir 30 à 50% des besoins en eau chaude annuels d’un bâtiment grâce à un rendement de 30 à 50%, sont amenées à équiper les logements notamment sociaux, alors que les installations photovoltaïques se développent plutôt en fonction des opportunités d’espace ou des tarifs incitatifs, estime Yann Françoise.

Le programme Energie intelligenteIl fait partie d’un programme-cadre de la Commission européenne dédié à la Compétitivité et l’Innovation. Doté de 730 millions d’euros sur la période 2007-2013, Energie intelligente soutient les projets visant à atteindre les objectifs de l’UE à l’horizon 2020 : réduction de 20% de la consommation d’énergie primaire et des émissions de gaz à effet de serre, mix énergétique composé de 20% d’énergies renouvelables.

Programme européen Polis

Ce cadastre solaire est le fruit du programme collaboratif européen Polis mené, depuis 2010 et pour 3 ans, en collaboration avec les villes de Lyon, Munich (Allemagne), Lisbonne (Portugal), Malmö (Suède) et Vitoria (Espagne) dans le cadre du programme Energie intelligente de la Commission européenne (lire encadré). Polis a pour objectif de soutenir les projets stimulant l’intégration de dispositifs solaires dans la planification urbaine en Europe.

Ce cadastre solaire parisien a représenté un coût global de moins de 100 000 € et a bénéficié d’un co-financement européen pour 71%. Il a donc coûté moins de 30 000 € à la Mairie de Paris.

Visitez la plateforme web du cadastre solaire de Paris.

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