Fin de l’alliance entre Roquette et Solazyme dans les micro-algues (Premium)

Print Friendly, PDF & Email

solazymeLeur alliance n’aura tenu que 3 ans : l’agro-industriel tricolore Roquette Frères et la start-up américaine experte des micro-algues Solazyme ferment leur co-entreprise Solazyme Roquette Nutritionals. Son objectif était de  ...

lancer une nouvelle catégorie d’ingrédients naturels dérivés des micro-algues, notamment une gamme de produits à base d’huile, de protéines et de fibres, ayant de meilleures performances nutritionnelles que les ingrédients disponibles sur le marché. La dissolution devrait être effective dans les prochaines semaines.

Divergences stratégiques

La dissolution de la coentreprise créée en 2010 résulte de divergences entre les deux groupes fondateurs sur les objectifs commerciaux et le calendrier de fabrication et de commercialisation de leurs produits communs, précise un communiqué. « Il est essentiel d’accompagner le développement du marché et de la demande plutôt que de les précéder », commente la direction de Roquette, contactée par GreenUnivers. L’entreprise considère ainsi qu’elle sera davantage en mesure d’atteindre ses objectifs hors du cadre de la co-entreprise, notamment grâce à son réseau commercial déployé dans plus de 100 pays et sa clientèle qui compte de grands groupes alimentaires mondiaux. Avec un CA de 3,1 Mds€ en 2012 dont 3% investi en R&D, Roquette semble avoir les reins suffisamment solides pour poursuivre seule l’aventure.

Deux sites dédiés aux micro-algues

Depuis 2008, le groupe, l’un des leaders mondiaux de l’industrie de l’amidon, dispose d’un site dédié aux micro-algues à Klötze, en Allemagne, équipé d’un photobioréacteur de microalgues en eau douce. L’unité de Lestrem (Nord) lancée dans le cadre de la joint-venture devrait être, de son coté, opérationnelle dès décembre 2013 et disposera d’une capacité de 5 000 tonnes. Selon les termes de l’accord de la coentreprise, ce site appartiendra en propre à Roquette, tout comme l’unité pilote d’une capacité de 300 tonnes, qui a permis de valider le procédé industriel et de proposer des échantillons clients depuis le début de l’année. Cette unité va permettre à Roquette de passer à une phase de production à l’échelle industrielle pour viser des applications telles que les produits de boulangerie, les biscuits, les desserts glacés, les  sauces ou le marché des nutraceutiques (les capsules de compléments alimentaires, par exemple), explique la direction.

Un autre tandem : Fermentalg – Sofiprotéol

Tout comme Solazyme avec Roquette, Fermentalg, une start-up française concurrente basée à Libourne (Gironde), s’est lancée en 2011, dans une co-entreprise avec le groupe Sofiprotéol, le spécialiste des huiles et protéines végétales (marque Lesieur, notamment). A l’instar de la défunte Solazyme Roquette Nutritionals, leur joint-venture vise l’industrialisation, la production et la commercialisation d’huiles de la famille des oméga 3 sur la base de la technologie micro-algues de Fermentalg. La start-up cible également, comme Solazyme, les marchés des cosmétiques, de l’alimentation animale et de la chimie verte, notamment à travers le programme collaboratif EIMA (Exploitation Industrielle de Microalgues) dans le cadre duquel elle a reçu 1 M€ de financement d’Oseo en janvier dernier.

_______

A consulter aussi :