Colloque annuel du SER : ambiance positive et coopération franco-allemande (Premium)

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france allemagneLa grand-messe des énergies vertes bat son plein à la Maison de l’Unesco à Paris, ce jeudi 7 février, avec environ un millier de participants au 14e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER). La salle ...

est pleine et les premières impressions sont plutôt positives. Le discours fortement volontariste de Peter Altmaier, ministre fédéral allemand de l’Environnement, a impressionné l’audience. Dans un français parfaitement maîtrisé, il a livré une vision qui pourrait faire date en appelant à une coopération importante entre les deux pays sur les énergies renouvelables alors que les Français ont leur « Transition énergétique » et les Allemands leur « Energiewende ».

Un rêve qui va devenir réalité

Plus tard dans la journée, les deux pays doivent détailler concrètement le fond de cette coopération « verte » nouvelle. Mais l’enjeu est la construction d’une position franco-allemande sur les mécanismes de soutien aux renouvelables, et la mise en place d’un cadre politique stable et durable pour favoriser les investissements, la baisse des coûts et la compétitivité énergétique. Peter Altmaier est très engagé : « Vous allez avoir un soutien politique beaucoup plus fort que par le passé de la part de la France et de l’Allemagne. Vous n’êtes plus seuls dans l’univers. Vos messages seront écoutés », a t-il lancé aux décideurs économiques et politiques présents dans la salle.

Les problèmes évoqués en France sur l’énergie sont identiques en Allemagne rappelle Peter Altmaier. « La prise de position de nos gouvernements doit nous permettre de donner un signal fort au secteur privé en Allemagne et France, mais aussi partout en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde », précise t-il. Alors que les deux pays fêtent les 50 ans du Traité de l’Elysée, il n’hésite pas à s’en remettre à l’histoire : « Les défis sont nouveaux. (…) Nous avons une chance d’innovation énorme. Jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, nous n’avons eu une telle chance d’innovation dans le domaine énergétique. Pas seulement dans le solaire, l’éolien ou l’hydroélectricité… C’est plus large et cela concerne toute la gamme de production de l’industrie allemande et française. » Et l’ambition est mondiale : « Si les Français et les Allemands surmontent ces défis, leurs solutions seront intéressantes pour les autres pays. »

Un retour vers l’Europe de l’énergie ?

La transition énergétique… « C’est un rêve. Mais c’est un rêve qui deviendra réalité bientôt », ajoute le ministre allemand, en faisant référence à cette qualité française de rêver facilement. Une aptitude à prendre en exemple, selon lui. Mais qui doit décider de la vision de long terme ? Qui doit décider du rêve ? Pour le ministre, la décision a déjà été prise par ceux qui ont osé rêver ces 20 dernières années, en devenant les pionniers des énergies renouvelables.

Delphine Batho, ministre de l’Ecologie et de l’énergie, semble conquise. Son discours a été moins lyrique. Elle s’est contenté de rappeler la philosophie du débat en cours sur la transition énergétique, a insisté néanmoins sur l’enjeu de construire des grandes entreprises européennes des énergies renouvelables et de faire de l’Europe le continent de la transition énergétique. « Il faut remettre la politique de l’énergie au cœur de la construction européenne », a t-elle conclu.

Dans les entreprises, faire face au paradoxe

Le SER se réjouit de ce nouvel axe franco-allemand. « Tout le monde se plaint qu’il y a peu de coordination entre nos pays, sur le front économique et fiscal par exemple. Il est donc très positif de voir une volonté politique d’avancer ensemble sur le marché des énergies renouvelables », indique Damien Mathon, le délégué général du syndicat, à GreenUnivers. Reste que la période est difficile pour les industriels, précise-t-il : « La situation est paradoxale aujourd’hui. Les perspectives économiques et sociales sont réjouissantes, avec l’augmentation prévue de la part des renouvelables dans le mix énergétique. Mais pour l »instant, les entreprises sont dans un trou d’air, notamment sur l’éolien et le solaire. »

Si des difficultés demeurent à court terme, le SER s’attend pour autant à une reprise franche à moyen terme. « Le calendrier de la transition énergétique est connu, avec une loi prévue pour octobre. Les choses vont bouger », souligne Damien Mathon.