Aux Etats-Unis, les cleantech cherchent à convaincre sur leurs performances (P. Nougué)

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Pierre Nougué
Pierre Nougué (DR)

Cofondateur d’Ecosys Group et du Cleantech Open France, la déclinaison française du programme international ciblant les jeunes pousses éco-innovantes, Pierre Nougué a participé à la finale 2012 il y a quelques semaines en Californie. Pour lui, l’approche des cleantech est en train de changer aux Etats-Unis, mais malgré les difficultés de nombreuses start-up éco-innovantes, l’intérêt des investisseurs reste entier.

GreenUnivers : Beaucoup d’entreprises américaines des cleantech ont connu des déboires en 2012, est-ce que l’engouement pour le green business est passé ?

Pierre Nougué : Non, mais l’approche évolue. Quand on aborde les cleantech, on ne parle plus seulement de l’intérêt environnemental mais de la performance. Si un énergéticien propose aux élus d’une ville d’adopter une approche plus green, plus smart, avec davantage d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, il insiste surtout sur les bénéfices pour la ville et ses habitants, sur les économies à en attendre. Il faut convaincre sur les retombées à court terme de la démarche. Il faut penser « People, Planet et Profit ».

GU : La réduction des crédits est tout de même un frein au développement de ce secteur très capitalistique ?

PN : Il y a moins d’argent, c’est certain. Il faut faire mieux avec moins de gâchis budgétaire, moins de gâchis des ressources, de gâchis de l’énergie…  Les Américains ont une approche comme toujours pragmatique : ils sont lancés dans une chasse au gaspi. Et ils utilisent les technologies de l’information pour accélérer les changements. La collecte et la gestion des données prennent une ampleur considérable. On cherche à mesurer, à comparer les performances. Tout y passe : on mesure la consommation d’énergie bien sûr mais aussi la qualité de l’air, le temps de transport pour relier deux villes… Et ces informations parviennent directement au citoyen en temps réel via son smartphone. Cela permet de voir que les actions mises en place ont des effets rapides et concrets. C’est capital en temps de crise.

GU : Vous avez participé à la finale du Cleantech Open 2012 en novembre dernier à San José. Est-ce que les fonds d’investissement américains s’intéressent toujours aux start-up des cleantech ?

PN : 30 pays étaient représentés lors de cet événement, dont la France récompensée via la société SP3H, dont la technologie permet de réduire la consommation de carburant des moteurs thermiques tout en minimisant leurs émissions de gaz polluants. Les fonds sont toujours là et à l’affût des opportunités. Les grands groupes aussi sourcent de manière très opérationnelle les start-up innovantes car ils savent qu’ils ont besoin d’elles pour avancer.