La voiture électrique, naturellement numérique ?

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C’est un fait, la voiture électrique est compatible avec les habitudes de déplacement des Français. Pourtant, c’est un fait aussi, les ventes ne décollent pas, ou peu ! Et si le déclic, c’était le numérique ?

« La voiture électrique sera numérique ou ne sera pas », annoncent en cœur les acteurs de l’écomobilité réunis ce mercredi, sur invitation de l’association professionnelle Avere, au siège de la société francilienne Niji, spécialisée dans le conseil et la réalisation logicielle dédiés à la convergence numérique.

Le numérique pour « donner confiance en la voiture électrique »

Contrôler sa consommation d’énergie en temps réel, identifier sur son GPS une borne de recharge à proximité, réserver un emplacement avec son Smartphone et payer sa consommation en ligne : voici quelques gestes virtuels, parmi d’autres, qui accompagnent et facilitent déjà l’usage du véhicule électrique. Mais pour Julien Robillard, responsable numérique et développement durable chez Niji, l’amélioration et la multiplication de ces solutions numériques sont la clé de l’expansion de la voiture électrique. « Le numérique doit contribuer à l’empowerment des automobilistes, leur donner confiance en la voiture électrique », explique-t-il. Une collaboration active entre les acteurs du numérique et de l’écomobilité est plus que nécessaires, selon lui.

Valery Broyon, directeur du développement de Niji imagine, par exemple, le développement d’outils « éducatifs ou personnalisés » sur le modèle des thermostats intelligents américains comme Nest qui se régulent seuls en fonction des habitudes comportementales des habitants ou bien inspirés de la box de la société française Ijenko, qui mesure la consommation énergétique des appareils de la maison pour aider les habitants à réduire leur consommation.

Poudre aux yeux ?

Lionel Causse, directeur technique chez G2 Mobility, spécialiste des infrastructures de recharge, invite cependant à distinguer l’apport du numérique pour favoriser l’expansion de la voiture électrique auprès des particuliers et auprès des entreprises. « Avec les particuliers, on joue souvent sur le coup de cœur, la petite ‘appli’ sympa », estime-t-il. Mais attention, « car ces services un peu tarte à la crème peuvent être perçus comme de la poudre aux yeux par les entreprises ». Les entreprises sont des acteurs rationnels qui agissent en fonction d’intérêts économiques, rappelle-t-il. Le numérique ne doit donc pas les « séduire » mais servir de « fédérateur de faits objectifs », insiste Lionel Causse afin de chiffrer clairement les avantages, ou non, d’une flotte électrique sur une flotte de véhicules thermiques.

Pour aller plus loin : le compte rendu du petit-déjeuner débat par Niji