L’Europe milite pour un soutien aux énergies vertes plus cohérent

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La croissance annuelle des énergies renouvelables en Europe pourrait chuter de 6% à 1% après 2020. En cause, l’absence d’un cadre approprié permettant de faire baisser les coûts. Tel est le constat d’une communication présentée par le Commissaire européen à l’énergie, le 6 juin au Parlement européen. La Commission européenne plaide pour l’instauration d’un cadre réglementaire clair et simplifié afin d’atteindre les objectifs fixés pour 2020, ainsi que pour l’établissement d’un nouveau programme à l’horizon 2030.

Du côté des objectifs 2020, un doublement de l’investissement total dans le développement des énergies vertes est attendu pour atteindre 70 Mds € par an, en provenance principalement du secteur privé.

« Je suis personnellement favorable à un objectif contraignant plus élevé en 2030 pour les renouvelables », a déclaré Gunther Oettinger, Commissaire européen à l’énergie, lors d’une conférence de presse indiquant toutefois qu’il ne s’agissait « pas encore d’une base de débat avec les Etats ».

Depuis 2009, la politique dans le secteur des énergies renouvelables dans l’UE repose sur la directive établissant un triple objectif connu sous le nom de « 3 fois 20 » : la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport au niveau de 1990, l’amélioration de 20% en matière d’efficacité énergétique et l’augmentation de 20% de part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie.

Cohérence des cadres réglementaires

Les aides publiques nationales pour les énergies renouvelables sont un véritable casse-tête pour la Commission, qui cherche à les rendre cohérentes à l’intérieur du marché unique. Les régimes qui « encouragent les réductions de coût et évitent les surcompensations » pourraient être favorisés.

Dans son document, la Commission fustige les modifications des mécanismes de soutien qui « manquent de transparence » ou qui ont été « introduites de manière soudaine et parfois même imposées rétroactivement, ou avec des moratoires ». Ce qui rappelle le cas de la France, de l’Allemagne ou de l’Italie. Le document souligne que de telles pratiques, dans le cas de technologies récentes et d’investissements encore dépendants d’un fort soutien, minent la confiance des investisseurs.

Un bon rapport coût-efficacité

Il ne s’agit pas d’en finir avec les subventions, mais de trouver des moyens plus efficaces pour rendre les technologies compétitives. « Il faut (…) produire de l’énergie à partir des sources éolienne et solaire lorsque c’est économiquement viable, et assurer les échanges commerciaux intraeuropéens pour cette énergie, comme nous le faisons pour d’autres produits et services », souligne Gunther Oettinger, dans un communiqué de presse.

Afin d’atteindre les objectifs des énergies renouvelables selon « un bon rapport coût-efficacité », la Commission préconise notamment l’achèvement d’un marché intérieur de l’énergie et plus de coopération entre les Etats européens et dans le bassin méditerranéen, surtout avec les pays du Maghreb. Un appel du pied au projet Desertec et à ses 100 GW d’énergies renouvelables visés dans le nord de l’Afrique et du Moyen-Orient à l’horizon 2050, dont une partie pourrait être acheminée vers l’Europe.