Les micro-algues de Fermentalg visent la Bourse (Premium)

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Les sociétés françaises des cleantech se ruent sur la Bourse pour trouver de l’argent : après les spécialistes de la biomasse Cogra et Moulinvest, Méthanor dans le biogaz et Global Bioenergies dans les biocarburants, c’est au tour de Fermentalg de tenter l’aventure. La start-up de la chimie verte et des biocarburants vient en effet ...

d’enregistrer son document de base pour une introduction sur Alternext Paris.

« Nous n’avons pas de date précise pour cette opération, elle dépendra de la conjoncture du marché, commente Pierre Calleja, fondateur et PDG de Fermentalg. Il est évident que nous avons un intérêt certain pour la Bourse, mais pour le moment, nous nous plaçons en tant qu’observateur. »

L’objectif de cette levée de fonds est de financer le développement de la société (phases de scale-up et pré-industrialisation) et de renforcer l’équipe pour les années 2012 – 2014, selon le document déposé. « Nous entrons vraiment dans l’exploitation des algues, et nous avons besoin d’investir pour notre développement », affirme Pierre Calleja. Un investissement compris entre 12 et 20 M€ serait nécessaire pour les deux prochaines années.

Fermentalg a réalisé  un chiffre d’affaires modeste de 140 000 € en 2011 grâce aux cessions de licences, et a enregistré une perte nette de près de 1,4 M€ avec un résultat opérationnel négatif de 1,6 M€, lié à des « investissements significatifs en recherche et développement (…), à la protection industrielle et à la commercialisation de ceux-ci », selon le document d’enregistrement. « Ces investissement montrent notre maturité et nous souhaitons désormais accélérer notre industrialisation », argumente Pierre Calleja.

Une IPO attendue

Cette opération n’est pas une surprise. En octobre dernier, la société de Libourne (Gironde) avait recruté un directeur financier et business, Paul Michalet, expert des introductions en Bourse puisqu’il a piloté celles de Coletica (devenue BASF Beaty Care Solutions) en 2004 et de Metabolic Explorer, une autre société de la chimie verte, en 2007.

Depuis sa création en 2007, Fermentalg a levé 7,5 M€ lors de deux tours de tables qui ont séduit de nombreux investisseurs. Au 31 décembre 2011, le capital de la société était détenu principalement par Pierre Calleja (19,68%), le fonds Emertec (32,65%) et Demeter Partners (23,95%). Le fonds d’amorçage du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) détient une participation de 6,47%.

Trois activités porteuses

Pour le moment déficitaire, la start-up de 30 salariés s’intéresse à trois grandes applications des molécules de micro-algues qui devraient déboucher sur des marchés importants dans les prochaines années. Dans la nutrition, Fermentalg détient 30% d’une joint-venture créée en juillet 2011 avec le groupe français Sofiprotéol pour la production d’oméga 3 (EPA/DHA). Le marché mondial pour cette molécule est estimé à 1,9 Mds $ en 2011, selon le document.

Dans la chimie verte (bioplastiques, cosmétiques…), dont le marché mondial est estimé à 98,5 Mds$ en 2020 contre 2,8 Mds$ en 2011, Fermentalg travaille notamment sur le projet Exploitation Industrielle des Micro Algues (Eima), financé par Oséo. Eima regroupe un ensemble d’industriels et de laboratoires afin de développer des bioprocédés de production. Le projet représente un budget global de 14,6 M€.

Enfin, sur le marché des biocarburants (biodiesel, kérosène), la société a notamment signé un partenariat stratégique d’au moins cinq ans avec le CEA afin de bâtir un programme de R&D exclusif pour aller vers une exploitation industrielle des micro-algues le plus rapidement possible.

Déboires pour les sociétés étrangères des biocarburants cotées

Si en France Fermentalg ou Global Bioenergies s’engagent sur le marché boursier, outre-Atlantique, les sociétés du secteur font face à un contexte difficile. Le producteur canadien de biocarburants Enerkem a renoncé à son IPO fin avril et Amyris, détenue à 21% par Total, a vu le prix de son action fondre en mai, phénomène qui semble devenir la norme.